Charleroi L’ASBL, qui voulait en faire une mosquée, a dû rembourser la facture salée.


C’est l’un des joyaux du patrimoine architectural et social de Charleroi. Mais le bâtiment de l’ancienne amicale Solvay est dans un état pitoyable.

Situé à Couillet le long de la rue de Châtelet, il a fait l’objet en septembre dernier d’une mesure d’office. Cette procédure de réquisition permet aux bourgmestres d’agir quand des biens immobiliers ou fonciers représentent une menace pour la sécurité ou la salubrité : la présence d’un véritable dépotoir faisait entrer le site dans ce cas de figure.

Les frais liés à son nettoyage ont-ils été remboursés par le propriétaire auquel la commune adresse la facture ? La question du conseiller PS Anthony Dufrane a trouvé une réponse lors du dernier conseil. Et c’est oui.

Comme le lui a expliqué l’échevin en charge de la Propreté Cyprien Devilers (MR), la note a été adressée au liquidateur de l’ASBL Centre islamique européen pour la Culture et de Dialogue (CIECD) qui l’a honorée. Elle s’élevait à 46.206 euros. À défaut, l’intention était de faire procéder à la saisie conservatoire du bien pour apurer la dette.

C’est en vain que la Ville a tenté de nouer un dialogue constructif avec l’ASBL, qui avait racheté le bien à l’ULB en 2005. L’intention de base était d’en faire une mosquée ou un centre de formation islamique, le projet n’a jamais abouti.

Construit en 1937 , l’ensemble inauguré l’année suivante pour les 75 ans de l’entreprise avait été conçu pour abriter une piscine, une salle de spectacle, un casino, un restaurant et des espaces polyvalents. À ce stade, on ignore si l’ancienne amicale va être mise en vente.

Le bourgmestre Paul Magnette n’exclut pas que la Ville s’en porte acquéreuse si un projet de réhabilitation existe.

Pour Anthony Dufrane, la même opération doit être menée dans le quartier de la tour Interbéton près de l’Helios. Le site s’est mué en dépotoir à ciel ouvert.