Charleroi Le président de la Sambrienne plaide pour une baisse des revenus minimums requis.


Depuis quelques années, se développe le concept de logement moyen dans les sociétés de logements publics. L’idée, c’était de proposer des logements de qualité à prix coûtant : ce n’est donc pas du social, où l’État perd de l’argent, mais de mettre sur le marché locatif des appartements et maisons à prix juste : d’un côté, on rentre dans ses frais, de l’autre, on aide ceux qui n’ont pas les fonds pour devenir propriétaires. L’équivalent du privé, en somme, mais sans faire de bénéfices et donc, 20 à 25 % moins cher.

Sauf qu’en cours de route, les choses ne se sont pas si bien passées : par exemple, aujourd’hui, un travailleur en CDI, payé 2.550 € bruts par mois, ne remplit pas les conditions minimales pour demander un logement moyen. Il doit se tourner vers le logement social. Mais il est loin d’être prioritaire, puisque moins dans le besoin que d’autres. Il est trop pauvre pour avoir un logement moyen, et doit donc payer son loyer plus cher puisque, dans les faits, il se dirige vers le privé.

Pour grossir le trait : soit on est vraiment dans le besoin et il y a le logement social, soit on gagne très bien sa vie et on a le logement moyen. Et entre les deux, on est laissé sur le carreau.

Une aberration qui a le don de mettre le président la Sambrienne, la société de logements publics de Charleroi, hors de lui : "Les revenus minimums que la loi demande ne correspondent pas à la réalité de terrain, rugit Hicham Imane (PS). Pour des familles, ça passe, mais pour un travailleur isolé, sans enfant, les montants sont bien trop élevés. Aujourd’hui, il y a des gens qui travaillent, qui pourraient payer le loyer d’un logement moyen sans sourciller, mais qui n’en ont pas le droit. J’en appelle à la ministre (NdlR : la MR Valérie de Bue) : il faut baisser de 15 ou 20 % les montants. Parce qu’aujourd’hui, ceux qui travaillent sont pénalisés !"

À Charleroi, il y a 180 logements moyens pour 9.935 logements précaires. Pourtant, 29 de ces moyens sont inoccupés, à cause des conditions d’accès trop strictes. "Il faut encourager la ministre à changer cela. Si les seules conditions d’accès étaient d’avoir un revenu minimum, en net, et de ne pas être propriétaire, on pourrait aider beaucoup plus de monde, sans que ça soit au détriment de l’aide sociale."

C’est dit, la balle est dans le camp du gouvernement wallon.