Charleroi Les derniers chiffres de la police ont été donnés au conseil communal.


Charleroi va mieux : selon les statistiques de la police, mais aussi d’après l’impression de sécurité quand on se balade à Charleroi, même si la soirée et la nuit restent problématiques.

En réponse à une question du conseiller CDH Albert Frère, le bourgmestre Paul Magnette (PS) a donné les chiffres. "On constate une baisse des faits criminels en 2016 par rapport à 2015, une nouvelle baisse en 2017, et une nouvelle baisse en 2018. Au total, cela représente une baisse de plus de 15 % et, pour certains délits, même de plus de 25 % des faits." Bonne nouvelle, mais il faut toujours prendre ces chiffres avec des pincettes. "Quand on renforce certains contrôles, comme la lutte contre le trafic de drogues, on observe par définition davantage de faits constatés. Cela ne veut pas forcément dire qu’il y a une recrudescence du phénomène, mais cela peut vouloir dire qu’il y aune meilleure répression", ajoute le bourgmestre.

Une des raisons de ces améliorations, c’est le PSO, le Peloton de sécurisation de l’ordre public, qui patrouille à pied, à vélo, et est dès lors en contact plus régulier avec les riverains. "Son arrivée au sein de l’intra-Ring a permis d’augmenter la présence policière dans la rue, constate Albert Frère. On observait déjà +72 % d’opérations policières six mois après sa création." Un bilan positif, si bien qu’une 4e section sera effective en 2019, a confirmé Magnette. Le PSO sera alors divisé en quatre pelotons constitués d’un gradé et de huit inspecteurs chacun.

"Malgré ces points positifs, le centre-ville reste, comme tous les centres des grandes villes, exposé à des difficultés particulières, précise tout de même le bourgmestre. Nous ajustons constamment, par un dialogue hebdomadaire avec la police, les lieux de passage en fonction des faits constatés et des doléances des citoyens. Je rappelle que le PSO, ce n’est que 2,5 % des effectifs policiers, le reste des forces est concentré sur l’ensemble du territoire."

Encore des points noirs sur la ville haute et la cité des finances

"Pas plus tard que mercredi matin, on a trouvé une dame en overdose devant la cité des finances , déplore Albert Frère. On la pensait morte, elle était couchée, le teint jaune, avec des seringues autour d’elle. Le problème, c’est que la police ne se déplace pas toujours. On me disait dans une autre zone de police, que je ne nommerai pas, que les toxicomanes étaient souvent laissés sur place, parce qu’il faut ensuite désinfecter tout le fourgon… Alors, oui, les choses vont mieux à la ville basse, mais il y a encore du boulot à certains endroits, et puis il y a toute la ville haute, aussi. La rue Turenne notamment, c’est affolant."

Difficile de le contredire, quiconque se balade le soir dans le haut de la ville se fera bien proposer à un moment d’acheter l’une ou l’autre drogue dure.

"C’est plus qu’une simple question de sécurité, ajoute le conseiller CDH. C’est un problème de salubrité publique. Ces gens, drogués, ou pris dans la prostitution, ou les deux… il faut s’en occuper. Ils sont dans la détresse. Je ne les juge pas, encore récemment une dame expliquait qu’elle avait perdu son emploi, puis sa maison, et qu’elle était maintenant à la rue. Sauf qu’elle refuse de se faire aider, et elle était visiblement tombée dans la toxicomanie, c’est terrible." Pour Paul Magnette, le bourgmestre socialiste de Charleroi, "les faits rapportés sont le reflet de zones où le travail de sécurisation n’est pas complètement terminé et qui requièrent encore et toujours notre attention."

Toujours en réponse à une question d’Albert Frère, qui se demandait si les efforts de sécurisation s’étendaient au-delà de l’hypercentre carolo, Magnette ajoute que "la forte concentration des faits en centre-ville amène le PSO à surtout sécuriser à ces endroits. Même si l’intra-muros ne représente que deux des 100 kilomètres carrés de Charleroi, à peine un 50e du territoire, il concentre la moitié des délits. Normal qu’il y ait une attention particulière de la police là-bas. Mais le reste de Charleroi n’est pas oublié : le PSO peut intervenir partout, il est notamment déjà allé à Lodelinsart, à Roux et à Gosselies, entre autres."