Charleroi Selon le bouwmeester, ce projet va favoriser le retour des habitants.

Un port de plaisance face à la gare de Charleroi ? Le bouwmeester Georgios Maillis s’en souvient : "La première fois que le projet a été présenté publiquement à Cannes en 2015 (NdlR : au salon international de l’immobilier, le Mipim), cela a fait sourire." Trois ans plus tard, le dossier est sur les rails : la Ville a obtenu l’accord de financement de la Région wallonne, un budget de 7 millions a été réservé dans le plan Infrastructures.

Le projet a été complètement remanié : initialement, il devait voir le jour en rive droite de la Sambre sur l’emplacement de l’actuelle gare des bus. Il a été déplacé de l’autre côté et s’intègre dans le futur Left Side Business Park, où sa construction a suscité l’intérêt d’un investisseur immobilier international, le groupe français Eiffage (lire ci-contre).

C’est le port autonome de Charleroi (PAC) qui est aux commandes de la marina. "À ce stade, nous n’en sommes qu’à l’élaboration de l’avant-projet", indique la porte-parole du PAC. "Un bureau d’études désigné y travaille. Il faudra ensuite évoluer vers une version définitive, déposer les demandes de permis, établir le cahier de charges et lancer le marché public de construction." Cet équipement vise à renforcer l’attractivité de la Sambre.

"Avoir son territoire traversé par une rivière, c’est une chance", poursuit Maillis. "Mais qui en a profité à Charleroi ? Pas les citoyens. Un chiffre permet d’en prendre la mesure : sur les onze kilomètres de traversée fluviale, soit un total de 22 km de berges, seuls 5 % sont habités : à peine 1.100 mètres. La volonté est de rendre la rivière aux habitants."

Le double objectif de la marina, c’est de renforcer la visibilité de la Sambre en rapprochant la ville de l’eau.

Comme cela a été fait dans le tronçon entre le pont de la Résistance et le pont Baudouin, les quais seront abaissés de telle sorte que le citoyen pourra presque toucher la surface : le port aura une capacité de 22 bateaux, disposera d’une capitainerie avec des commerces de proximité. Il offrira près de 200 mètres de nouvelles berges.

Des appartements avec vue sur le port dans six ans

D’une étendue de 5,9 hectares, le left side business park a fait l’objet d’un périmètre de remembrement urbain : plusieurs tours de bureaux et de logements doivent y être construites.

Dans ce cadre, Eiffage Development Belgium porte un programme immobilier d’une centaine de millions d’euros. Il s’articule d’une part autour de deux tours mixtes d’une hauteur de 15 à 20 étages et d’un îlot résidentiel de trois tours triangulaires, intégrant des innovations durables comme un jardin collectif, des toitures vertes, une e-conciergerie participative, des espaces modulables, un parking mutualisé, une crèche. Sans oublier du commerce et des services au rez…

Au total, 300 logements seront aménagés. Avec les espaces de bureaux, ce projet représente à lui seul la moitié du left side, soit 48.000 mètres carrés.

C’est l’association des bureaux d’architecture Réservoir A et Goffart-Polomé (RGBA) qui a conçu les esquisses. Si la procédure et les chantiers ne connaissent pas de retard, tout pourrait être fini en 2023-2024.

Ce projet contribuera encore au changement de l’image de Charleroi : à condition que l’offre résidentielle rencontre le succès espéré sur le marché immobilier. Tout dépendra évidemment des prix.

Quant au projet River Towers dans le quartier de l’Helios, le bouwmeester continue à y croire : il vise à la construction de deux tours d’une hauteur de 100 mètres (27 étages) comportant 256 appartements. Le permis a été refusé. Un recours a été introduit par la Ville et le promoteur devant le Conseil d’État.