Charleroi

Il écope de 40 mois ferme pour avoir planté 1.534 plants dans sa maison-château de Merbes

CHARLEROI Des pannes de courant successives ont émaillé le début de l’année 2007, dans le quartier de la rue Saint-Martin à Merbes-le-Château. Les ingénieurs d’IEH ont fini par en identifier la source : une maison-château qu’un certain Eric Fernandez était en train de retaper.

La consommation y était anormalement élevée, ce qui a mené les enquêteurs de la police fédérale a soupçonné l’existence d’une plantation de cannabis. Le 6 juin 2007, les perquisitions leur donnaient raison : les dépendances du château avaient été aménagées en véritables serres tropicales.

Système d’arrosage automatique, ventilateurs, humidificateurs, chauffage… Tout était prévu pour favoriser la croissance des 1.534 plants, sans parler des nombreuses lampes à sodium de 500 watts, à l’origine des problèmes électriques du quartier.

Seul Eric Fernandez, propriétaire des lieux, a pu être interpellé et déféré devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour trafic de cannabis et vol d’électricité. Ce dernier a pourtant déclaré n’être qu’une “petite main”. “Deux Français ou peut-être des Hollandais, je ne sais pas, m’ont loué une dépendance pour y installer leurs activités. Je ne savais pas ce qu’ils manigançaient. Ce n’est que plus tard que j’ai vu les plants de cannabis. Je n’ai pas osé appeler la police. Je leur ai doublé le loyer et j’ai demandé qu’ils déguerpissent au plus vite.”

Mais le juge a relevé de nombreuses contradictions dans les déclarations de cet homme, qui vivait sur place et ne pouvait ignorer les activités qui s’y tenaient. Au contraire, dans son cagibi aménagé sur les lieux, Eric Fernandez détenait des armes, et surtout, des ouvrages sur la culture du cannabis. C’est lui, également, qui a réalisé des frais en achetant des bâches pour camoufler les dépendances, des caméras de surveillance et un chien de garde.

Au chômage, l’intéressé roulait en Mercédès et possédait plusieurs bâtiments. Ce lundi, Eric Fernandez a donc écopé de 40 mois de prison ferme, vu ses antécédents pour… stups. Il a fait l’objet d’une arrestation immédiate. Ses voitures ont été saisies et il devra rembourser 34.000 € au fournisseur d’électricité.



© La Dernière Heure 2012