Charleroi Le MR et le CDH se désolidarisent de leur partenaire PS au conseil communal.


Traité transatlantique de libre-échange, politique d’asile et visites domiciliaires, réforme des aides pour l’emploi (APE) : au conseil communal de Charleroi, l’opposition Ecolo-PTB prend un malin plaisir à choisir les débats qui fâchent… les partenaires de la majorité communale. Sans déroger à la règle, c’est avec une motion de barrage au projet de réforme des APE que Sofie Merckx a ouvert la dernière séance publique.

Bingo : comme attendu, cela n’a pas manqué d’opposer le PS à ses alliés du MR et du CDH. Belle pagaille en perspective lors des votes puisque, les socialistes ont suivi le PTB et Ecolo, tandis que réformateurs et humanistes s’unissaient pour défendre la position de leur gouvernement régional.

Dans sa motion , le PTB annonce la perte d’1,4 million d’euros de subsides pour la Ville avec la mise en œuvre du décret à l’étude. Comme l’a confirmé la conseillère et députée PS Latifa Gahouchi, cela représente 7 % de l’enveloppe de 2019. Et c’est sans compter la sanction qui frappera le CPAS selon la même logique : encore près d’un million d’euros sur un total de douze. Selon elle, Charleroi risque de perdre un tiers de ses travailleurs PTP. Avec des menaces à la clé sur la qualité du service public, vu la diminution du nombre d’emplois. Les secteurs de l’accueil de la petite enfance, des maisons de repos, de l’entretien des espaces verts ou encore - et surtout - de la voirie sont en première ligne pour payer l’addition. "Attention !", lance-t-elle.

Conseiller communal MR et parlementaire wallon, Nicolas Tzanetatos s’est inscrit en faux contre des menaces qu’il dit fondées sur la peur. Il insiste : "la réforme des APE ne remet pas en question le système, mais seulement la méthode d’attribution des subsides. L’objectif, c’est de rendre la politique plus efficace, veiller à ce qu’elle tienne ses promesses de remise au travail de ceux qui en sont éloignés. Ce qui n’est absolument plus le cas aujourd’hui." Protestations, coup de colère de l’ancien bourgmestre Léon Casaert (PS) ne l’ont pas effarouché. Pour lui, cette réforme qui n’est pas encore votée "n’affectera en rien le service public !"

Difficile à avaler dans le chef de l’opposition Ecolo-PTB élargie au… PS. Sur la forme, Xavier Desgain (Ecolo) a déploré l’absence de concertation. Selon lui, le MR travaille en Wallonie comme au fédéral : il passe en force. Une nouvelle brèche dans la majorité communale, de quoi donner un large sourire à Sofie Merckx.