Charleroi

Deux jours de cérémonies et des expositions pour commémorer la catastrophe.


Cérémonies officielles, installation commémorative monumentale, exposition d'art plastique: pour la célébration des 62 ans de la catastrophe du 8 août 56, le Bois du Cazier met le paquet.

L'ancien charbonnage de Marcinelle rend en effet hommage à ses 262 victimes ces mardi 7 à partir de 17h et mercredi 8 août au matin en présence de hauts représentants des autorités politiques, diplomatiques et délégations internationales du monde du travail, ainsi que de membres des familles.

Pour les cérémonies, deux présences exceptionnelles sont annoncées: celles de Maria Di Valério et de Jozef Ernest Raedts. Rencontrée par le directeur du site Jean-Louis Delaet lors de l’inauguration du "Centro Studi Marcinelle" de Manoppello le 15 juin dernier, la première est la veuve de Camillo Iezzi, l'un des mineurs morts dans la catastrophe. Mineur et sauveteur aux Charbonnages André Dumont à Waterschei, le second est intervenu -comme la majorité des sauveteurs du bassin de Campine- pour tenter de dégager ses collègues prisonniers de la mine. Il s'agit de sa première participation aux cérémonies.

Le Bois du Cazier reçoit également la visite d'un orphelin du 8 août, venu spécialement de Grande Bretagne: Michele Cicora. C'est dans la soirée de ce mardi 7 août que les deux expositions seront inaugurées. "Allora come oggi, lavorare per vivere" (Hier comme aujourd'hui, travailler pour vivre) est une installation éphémère (lire ci contre).

Quant à "Marcinelle 262", c'est une exposition collective d'art plastique: plus de 90 artistes se sont mobilisés pour traduire dans leur langage propre l’émotion que suscite chez eux cette tragédie industrielle, qui a frappé 262 familles. Chaque créateur s’est en effet attaché à illustrer le souvenir d’une ou parfois de plusieurs victimes à travers une création personnelle. Initiative de la fondation "Art Emotions for Soul" sous la direction de Mario Castellese, cet hommage artistique affecte la forme d’une installation circulaire de six mètres de diamètre à laquelle sont suspendus 262 petits cadres présentant d'un côté l’une des victimes (photo, nom, nationalité…) et, de l’autre, une œuvre originale.

Lors du vernissage, le compositeur Luigi Ferro jouera sur pianoforte la pièce musicale créée expressément pour l’occasion.