Charleroi Le Brexit pourrait avoir des conséquences désastreuses pour Charleroi et sa région.

À en croire une récente communication de la Commission européenne (CE), les premières conséquences du Brexit pourraient être fâcheuses pour la région de Charleroi. Alors que la CE prépare le budget courant de 2018 à 2024, il apparaît qu’à l’horizon 2020, la Wallonie ne percevrait plus de fonds structurels européens (Feder).

En principe, le Royaume-Uni quittera officiellement l’Union européenne (UE) le 30 mars 2019. Conséquences : à l’Europe, les perspectives budgétaires seraient fortement assombries puisque le Brexit entraînera une perte de près 10 milliards d’euros au budget annuel. Pour préparer l’avenir, la Commission a communiqué différentes hypothèses.

L’une d’entre elles a interpellé le député européen Hugues Bayet (PS), étant donné qu’elle vise directement des pays comme la Belgique. "Lors de la dernière programmation, qui s’étale de 2014 à 2020, la Wallonie a touché 681 millions d’euros, au rang de région européenne en transition", constate le député européen Hugues Bayet. "Charleroi n’était pas en reste puisqu’elle a bénéficié de 60 millions d’euros qui serviront à revitaliser la Ville-Haute, à rénover le Palais des Expositions et à ériger la Cité des Métiers."

La perspective d’un avenir sans fonds Feder n’est pas des plus réjouissantes. En effet, grâce à ces fonds, l’Europe a contribué à la renaissance du Bois du Cazier, à hauteur de 8 millions d’euros, au début des années 2000. Plus tôt dans les années 90, des investissements européens ont permis d’améliorer et de moderniser les infrastructures du Brussels South Charleroi Airport (BSCA) pour en faire l’aéroport que nous connaissons aujourd’hui.

Sans fonds Feder, l’Ecopôle qui générera à terme 3.000 emplois ne serait pas sorti de terre. Il en va de même pour le projet Phénix à la Ville-Basse de Charleroi. Au total, ce sont 54 millions d’euros qui ont permis la rénovation du cœur commercial historique carolo. Quant au renouveau de Farciennes, il a lui aussi été rendu possible grâce à l’Europe. Actuellement, la logique européenne dépasse Hugues Bayet car, selon lui, "de l’argent, il y en a. Il suffit d’avoir le courage d’aller le chercher."

Pour Bayet: "Alors que l’Europe fait face à un pessimisme de plus en plus grandissant, couper le robinet serait un signal désastreux. C’est le citoyen qui trinquerait face aux sombres coupes budgétaires. Quand on sait que 1.000 milliards d’euros échappent chaque année aux États membres de l’Union européenne à cause de la fraude et de l’évasion fiscales, il y a de la marge pour compenser la perte liée au Brexit et surtout ne pas la faire supporter par les citoyens."