Charleroi Les membres du collectif citoyen de Charleroi se sont rendus ce vendredi en délégation à Namur.

Cette fois, c’est officiel : Une demande d’inscription de l’ancien haut fourneau n°4 de Carsid (HF4) sur la liste de sauvegarde du patrimoine wallon a bien été déposée au siège de l’administration et au cabinet du ministre de tutelle Maxime Prévot (CDH), où aucun dossier semblable n’avait été transmis jusqu’à présent.

Comme ils s’y étaient promis avant les vacances, les membres du collectif citoyen de Charleroi se sont rendus ce vendredi en délégation à Namur pour effectuer cette démarche. Objectif : mettre l’outil à l’abri d’un démantèlement. Son propriétaire, le groupe Duferco, n’a en effet jamais caché son intention de le démonter pour en revendre les éléments.

Si le ministre Prévot se dit sensible à la valeur historique et symbolique du HF4, "il m’est difficilement défendable de justifier le classement d’un ouvrage dont le potentiel de réaffectation est quasi-nul", observe-t-il, au risque de "doucher" l’enthousiasme du collectif citoyen. "Pour conserver la trace de notre industrie dans la mémoire collective, j’ai chargé mon équipe, en collaboration avec les cabinets de mes collègues concernés (Carlo Di Antonio, Paul Magnette et Jean-Claude Marcourt) d’étudier la possibilité d’enregistrer les données relatives aux sites industriels en péril. Ce projet est en gestation mais s’annonce prometteur. Il s’agit, dans un cadre budgétaire limité, de préserver la mémoire humaine, technique, technologique et matérielle."

En février 2014, dans la foulée du partenariat conclu entre la Région et le groupe Duferco pour réaménager la zone, une commission d’étude avait été mise en place à l’initiative du bourgmestre Paul Magnette. Mission : dresser un état des lieux du patrimoine industriel de la "Porte Ouest" de Charleroi et faire des recommandations.

Dans son rapport préliminaire, la commission a identifié trois équipements prioritaires à réhabiliter : le HF4, les cheminées de l’agglomération et les passerelles. Si leur conservation n’entrave en rien le redéploiement du site, il convient de trouver un accord avec le propriétaire.

Dans ce cadre, la commission communale a été chargée d’élaborer un second rapport, affinant les coûts de conservation pour chacun des trois scénarios retenus : maintien, réhabilitation light et valorisation. Ce rapport doit être déposé avant octobre. "Nous avons joint notre pétition au dossier : 5.000 personnes ont en effet signé en faveur d’une sauvegarde", lance Luigio Spagnuolo.