Charleroi À la Province, le CDH érige en priorité la lutte contre ce fléau.


On en a peu parlé durant la campagne électorale et c’est pourtant un fléau qui n’épargne aucun réseau d’enseignement : le harcèlement scolaire toucherait au bas mot 35 % des élèves de la 6 e primaire à la 3 e secondaire, selon une étude de l’UCL menée auprès de 6.500 jeunes.

Tête de liste CDH à la Province, François Ghislain a décidé d’en faire une priorité politique absolue pour la prochaine mandature. Pour avoir travaillé 11 ans dans le domaine du bien-être au travail, le candidat mesure les risques et les dégâts du harcèlement. "Les conséquences potentielles sont nombreuses tant pour la victime que pour l’auteur : perte de confiance en soi, dépression, décrochage, voire tentative de suicide dans les cas les plus graves", dit-il. "Faisons de notre institution un modèle à la pointe en ce domaine, comme nous l’avons été pour l’intégration des personnes handicapées."

S’il lui semble que la problématique relève de la ministre de l’Enseignement, Eric Massin, qui conduit la liste PS, estime que la Province peut y collaborer dans les établissements qui relèvent de sa compétence.

Pour le PTB, Luc Vandenameele propose une nouvelle vision de l’école et une réforme profonde de son fonctionnement. Le fléau dépasse d’ailleurs le cadre de l’école. Tête de liste Ecolo, Luc Parmentier pense qu’il faut élargir l’angle d’approche au cyberharcèlement, extérieur à la scolarité. Dans ce cadre, les centres PMS sous tutelle provinciale ont un rôle à jouer. Il faut aussi intensifier la formation et la sensibilisation du personnel d’encadrement. Le réseau provincial d’enseignement est-il le niveau pertinent pour agir ? Jean-Noël Gillard n’en est pas convaincu. Il insiste pour sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge. Pour Philippe Sonnet, du MR, "le harcèlement concerne toute la population : chacun en est témoin à un moment de sa vie, sinon victime ou auteur. À la Province, le chercheur de l’UMons Bruno Humbeek a déjà développé des outils. Il faut en intensifier l’usage dans les institutions, et dans les formations pédagogiques de la haute école".