Charleroi Le nouveau budget de l’UE risque de sabrer dans les subsides à la Wallonie.

Avec le Brexit, l’Europe perd son plus gros contributeur : et qui dit "pays riche qui s’en va", dit "la Belgique, en comparaison avec le reste de l’Europe, devient un peu plus riche." C’est ce constat, et la perte nette de rentrées d’argent, qui risque bien de coûter cher à la Wallonie en général, et la région de Charleroi en particulier.

"On a reçu 250 millions d’euros de l’Europe sur la dernière mandature, parce qu’on était dans la tranche des régions dites ‘en transition’", précise l’eurodéputé PS Hugues Bayet. "C’est 15 % de moins, au niveau de la Wallonie, que la mandature précédente, mais c’est encore pas mal." Sauf qu’en janvier, la Commission et le Conseil vont devoir revoir leurs priorités d’investissement. Et ce sont les fonds Feder-FSE, qui ont servi par exemple à développer le Biopark de Gosselies, rénover le Quai 10 ou refaire la place de Farciennes, qui risquent de trinquer.

"Aujourd’hui, les priorités sont l’immigration : on a mis un milliard pour financer des camps au Maroc, et sept milliards pour la Turquie. Il y a aussi le terrorisme, où l’Union n’a pas encore de politique, mais il va falloir sérieusement financer la Défense. Enfin, le programme Erasmus est amené à doubler, pour les échanges entre pays qui deviennent de plus en plus nécessaires au plus les nationalismes montent dans les pays membres."

Cette nouvelle donne va changer la façon dont l’Europe dépense ses fonds : 35 % sont aujourd’hui utilisés pour Feder. "C’est le plus cher, avec l’agriculture, c’est donc là qu’il faudra puiser", ajoute Bayet. "Et les seuls moyens de trouver des fonds, c’est soit d’augmenter la contribution des États, en Belgique +0,1 % c’est 800 millions, on n’arrive déjà pas à boucler nos budgets sans ça, soit mettre des taxes européennes sur le plastique ou les canettes, ou encore lutter contre l’évasion fiscale. Ces deux derniers points sont intéressants, mais ne seront pas prêts pour 2020."

Apparemment, Feder risque de perdre 8 à 15 % de son financement. Et la Wallonie serait dans les premiers à être exclus des aides, puisque les pays de l’Est ont encore moins d’argent que nous. "La solution, pour moi, c’est de couvrir toutes les régions, quitte à ce que les aides soient moins importantes. Plutôt que d’avoir tout l’argent qui part vers l’Est et plus rien pour nous." C’est ce qu’il défendra avec son groupe devant la Commission.

Mais en attendant, des grands projets comme le Biopark de Gosselies sont, d’après lui, en danger : "Pourtant, c’est souvent cité en exemple au niveau de la zone euro, parce qu’ici, quand l’Europe investit 1 euro, le privé en met 10. Il faut continuer à développer la biotech chez nous, ne pas laisser passer cette opportunité !"