Charleroi Avec plus de 60.000 visiteurs par an, il se placerait devant le bois du Cazier.


Sensibiliser les citoyens à la réduction de la production de déchets ménagers et aux comportements éco-civiques, comme le tri et le recyclage : c’est la vocation du parc Lavoisier, un projet porté par l’intercommunale Tibi (anciennement ICDI) au pied de son incinérateur de Pont-de-Loup en rénovation.

Dans une réponse écrite à la députée Graziana Trotta (PS), le ministre wallon du Tourisme René Collin (CDH) donne des précisions sur le financement de ce projet : son coût a été estimé à 6,3 millions, une première tranche de subventions a été octroyée en mai à hauteur de 1,466 million.

Le concept s’inspire du centre immersif, éducatif et ludique (CIEL) de Bellegarde-sur-Valserine, dans le département de l’Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes, où une infrastructure de 600 mètres carrés plonge les visiteurs dans un parcours de près de deux heures à la découverte de la gestion du déchet.

À Pont-de-Loup, l’intercommunale a imaginé un parc d’une superficie nette de 1.300 mètres carrés, avec la création d’un centre bâti comprenant une zone d’exposition permanente, un parcours didactique et un espace vert aménagé : l’idée, c’est d’aborder la problématique de la valorisation des déchets et du respect de l’environnement à travers des activités participatives, à la portée de différents publics.

"Une demande de soutien de la Wallonie a été introduite à hauteur de 3,8 millions par le Commissariat général au tourisme (CGT)", précise René Collin. Un montant qui sera ultérieurement affiné, compte tenu notamment des dépenses éligibles.

La fréquentation espérée du site est évaluée entre 55.000 et 80.000 visiteurs par an, constitués en grande partie de groupes scolaires.

Les demandes de permis porteront à la fois sur la construction du centre immersif et sur son exploitation.

Le démarrage est prévu pour 2021, un an après la mise en service de la nouvelle usine, qui est entièrement reconditionnée.

"Les riverains se fichent de ce parc"

Les voisins de l’incinérateur de Tibi, dans la commune d’Aiseau-Presles, sont en guerre depuis des années contre l’implantation du nouveau four d’incinération "au bout de leur jardin"

Ce nouvel incinérateur est actuellement en cours de construction. "En plus de la pollution ‘normale’, à cause des travaux, on a des nuisances sonores insupportables. Moi, je ne peux même plus ouvrir ma fenêtre", explique Jean-Claude Grolaux, cofondateur du comité des riverains et conseiller communal Ensemble. 

La transformation de l’incinérateur en parc est une "mauvaise nouvelle", pour eux : "Est-ce que ça va moins polluer ? Je ne crois pas, tout ce que ça dit, c’est qu’après la construction du nouvel incinérateur, si en plus ils transforment le site en parc touristique, ça renforcera d’autant plus la présence de Tibi sur notre entité. Parce qu’il faut bien comprendre qu’on s’en fiche, de ce parc, on n’est pas contre un projet didactique pour que les gens polluent moins… on est contre cet incinérateur au bout de la rue. Et ce parc Lavoisier, ça signifie que notre espoir s’amenuise encore un peu plus."