Charleroi Un échange de lettres qui n’a pas abouti sur grand-chose.


Le parti libéral, dur et parfois borderline, d’Aldo Mungo (ex- du PP), La Droite, ne pourra pas utiliser les lieux du Quai 10 pour sa "première grande réunion électorale". Vendredi passé, la direction du Quai 10 a annoncé qu’ils annulaient la réservation accordée.

"Nous n’avons, à aucun moment, eu connaissance du caractère politique de la réservation et encore moins du parti qui en était à l’origine", écrivait le lieu culturel sur Facebook. "Nous nous désolidarisons évidemment complètement de cette initiative, la réservation sera annulée."

Devant la porte qui se fermait, le parti s’est reporté sur un autre lieu de rendez-vous, mais pas sans pointer le bourgmestre du doigt.

Aldo Mungo a d’ailleurs interpellé le bourgmestre socialiste de Charleroi, qui avait déjà utilisé le Quai 10 pour un rendez-vous politique avec la presse, dans une lettre ouverte. "Vous êtes le garant du bon déroulement de la campagne électorale et que le débat se déroule avec égalité des armes. Pourtant, un premier accroc vient d’avoir lieu. C’est une grave atteinte à la liberté d’expression, avec les ressources et moyens du service public", a-t-il écrit.

Paul Magnette a répondu, piquant, et probablement un peu amer de se faire publiquement accuser d’être derrière tout ça : "Je pense que vous mélangez beaucoup de choses. Le bâtiment du Quai 10 appartient bien à la Ville, il est mis à disposition de l’ASBL par concession ou bail emphytéotique : Charleroi Danse, l’Eden, le Palais des Beaux-Arts, le Quai 10… Ce sont des ASBL qui sont souveraines, je me refuse à toute ingérence dans le vécu quotidien de ces institutions." Et de rediriger le parti vers le Quai 10 directement.

"J’aurais souhaité qu’il dénonce au moins l’annulation de la réservation, ce silence est assourdissant", commente André Yinda, porte-parole de La Droite.