Charleroi Le SNI met en networking les associations de commerçants.


Dans la rue de la Montagne à Charleroi, 80 % des cellules commerciales sont inoccupées. Et de nombreux pôles urbains de la périphérie voient leurs magasins disparaître inexorablement, les uns après les autres. Comment maintenir l’offre commerciale et motiver les chalands à revenir ? Ces questions se posent dans de nombreuses communes du Sud du pays.

Et parce que des solutions existent et ne sont pas assez partagées, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) veut mettre en réseau les associations de commerçants, éléments historiques de la vie urbaine. Avec le soutien financier de la Région wallonne à travers son ministre des Implantations commerciales Pierre-Yves Jeholet (MR), le projet ProCommerce va servir de laboratoire. Il vient de commencer pour une durée d’un an.

Fort de ses 42.000 membres, le SNI constitue la seconde force multisectorielle du pays après Unizo, pour la défense des indépendants. Il dispose de relais dans les organes stratégiques de concertation et d’une expertise de plusieurs décennies, puisqu’il existe depuis 1967. "Pour définir nos objectifs, nous nous sommes appuyés sur les résultats d’une enquête nationale de terrain, complétés par une étude auprès des associations de commerçants. Ce n’est un secret pour personne : l’apparition de centres commerciaux périphériques a affaibli les centres-villes."

Un chiffre aide à comprendre ce phénomène, c’est le nombre de nouveaux mètres carrés de surfaces commerciales qui ont donné lieu à l’octroi de permis entre 2004 et 2014, dans le cadre de la loi Ikea. "Il y en a eu cinq millions en dix ans pour toute la Belgique, l’équivalent de 700 terrains de foot."

Comment revitaliser les pôles urbains, les rendre à nouveau attractifs ? Si des exemples de solutions existent, il faut en favoriser le partage et la diffusion : ce sera l’une des missions prioritaires de ProCommerce, qui vient de créer une page Facebook en attendant le développement de son website.

Cinq experts ont été engagés : leur mission est d’apporter un appui aux associations de commerçants en termes de formation, de conseil et de communication. "Au-delà de ce rôle, nous voulons leur servir d’interface, porter leurs revendications là où nous disposons de mandats pour le faire", poursuit le secrétaire général.

À ce stade, près de la moitié des associations de commerçants représentatives en Wallonie ont embarqué dans l’aventure, dont celles de Gosselies et Gilly pour l’entité de Charleroi.

Une enquête auprès des commerçants

Problèmes de stationnement, de mobilité, espace public sale et mal entretenu, travaux publics longs et pénalisants : ce sont les principaux freins à l’attractivité des centres-villes, selon les associations de commerçants qui ont participé à l’enquête du SNI.

En 2017, 72 % d’entre elles se déclaraient inquiètes de l’état de santé de leur activité en milieu urbain. Il faut agir rapidement et efficacement. À 90 %, elles souhaitent s’impliquer davantage dans les projets d’évolution de leur commune. Isolées, elles manquent d’outils de communication efficaces, ne travaillent pas suffisamment leur image, souffrent d’un déficit de reconnaissance. C’est à partir de ces différents constats que ProCommerce a été élaboré. Il s’appuie sur la mise en réseau des acteurs de terrain.

Comme l’explique Christophe Wambersie, le SNI aidera notamment les associations à développer leur identité, à exploiter les réseaux sociaux de manière plus professionnelle, à élaborer des plans d’action. Il s’agira aussi de soutenir la diffusion des bonnes pratiques. "Pour avancer, nous allons procéder par zones géographiques." Le secrétaire général estime pertinent de travailler à l’échelle des provinces.

Pas de risque de concurrence avec d’autres intervenants, comme l’association de management de centre-ville ? Au contraire. ProCommerce concentrera son attention sur la vitalité du commerce. Ce sera un intervenant supplémentaire pour le rebooster, en faire un élément de l’animation et de l’attractivité des villes.