Charleroi

La DH a rencontré Sofie Merckx, actuellement conseillère communale pour le PTB et qui est future tête de liste pour les élections d’octobre 2018.


Votre parti a un peu disparu ces derniers mois.

"Nous avons passé plusieurs mois à récolter notre grande enquête auprès des Carolos, le PTB a fait le choix de prendre le pouls de la consultation : c’était un grand effort sur le terrain, avec plus de cent bénévoles. On a été très actifs, peut-être un peu moins dans les médias, c’est vrai, mais on n’a pas arrêté."

Alors, cette grande enquête ?

"On a fait rentrer 2.892 questionnaires, et 75 % ont été faits en version papier, seulement 25 % sur Internet, c’était un travail de titan. Les répondants ont pu cocher des éléments qu’ils considèrent comme des priorités, pour la construction du parti à Charleroi. Parce que notre but, c’est aussi d’exister au-delà des sondages, et même des élections."

Et la campagne ? On est à six mois des scrutins.

"La construction du parti, c’est déjà la campagne : on a pu récolter pas mal d’adhérents en faisant notre enquête. Pour nous, c’est moins une question de personnes qu’une question d’idées : quelle ville on veut ? C’est ça qui nous intéresse."

Mais pour gagner des voix, il faut aussi une personnalité forte, qui parle aux gens.

"C’est vrai. Mais d’abord on veut parler d’idées, et ensuite trouver les personnes qui peuvent porter ces idées. Raoul et Germain incarnent vraiment le projet du PTB : ici, je serai tête de liste. Ça, c’est sûr. Par contre, il faudra attendre qu’on ait fini le programme pour qu’on puisse présenter une équipe."

Sofie Merckx, bourgmestre de coalition ? Échevine ?

"Bourgmestre non, la question ne se pose même pas aujourd’hui vu les sondages. Échevine, ça dépend : on ne soutient pas le projet de ville qui est mené aujourd’hui. C’est ce qui se fait déjà à Gand et à Liège : proposer des projets de prestige. Paul Magnette était heureux d’annoncer 200 millions d’investissements dans le centre-ville, avec sa marina et son palais des congrès. Il part du principe qu’en amenant des investisseurs et des riches, ça va ruisseler sur tout le monde. C’est une vision qu’on ne partage pas, mais c’est soutenu par le PS, le MR et le CDH qui dirigent ensemble aujourd’hui. Il y a Charleroi côté pile, qui va mieux, et puis Charleroi côté face : une diminution de 500 logements sociaux dans une ville où une personne sur quatre est au chômage, des problèmes de pauvreté, de sécurité, et des services de l’administration où ils ne remplacent qu’une personne sur trois et qui n’arrive plus à suivre, il n’y a plus qu’une seule piscine aussi. Au PTB, on ne veut pas changer la ville pour changer les habitants, ce qu’on veut c’est changer les habitants pour changer la ville. Si le PS change son projet pour la ville, peut-être que je me verrais bien intégrer un collège, mais pas dans la situation actuelle. Mais même en étant en opposition on peut faire bouger les choses : ça sera encore plus facile si on est 5 ou 6 au lieu de moi toute seule, pour mieux étudier les dossiers. Et ça reste mieux que d’être dans une majorité où on n’a rien à dire."

Des piscines, plus d’employés à la ville, est-ce que ce serait finançable ?

"Il y a de l’argent à aller chercher à l’Europe sans avoir besoin de proposer des projets bling-bling. Il y a aussi des choses à taxer, qui ne le sont pas : Rive Gauche, ou l’aéroport, par exemple. Ça fait des profits et les Carolos n’en profitent pas. Seulement, pour qu’on nous écoute, il faut établir un rapport de force, et pour ça il faut avoir les gens de notre côté."


Les 4 priorités des Carolos suite à l'enquête

  1. Emploi: "Le PTB veut investir dans le service public, en remplaçant tous ceux qui partent et en boostant l’emploi public. Il faut aussi lutter contre le dumping social sur les chantiers."
  2. Pauvreté: "Il faut une maison de quartier dans chaque quartier : vingt sur toute la ville au moins, avec un accueil pour pouvoir mieux diriger les gens vers les aides auxquelles ils ont droit."
  3. Sécurité: "Si les quartiers ne sont plus délaissés et qu’ils vivent, il y aura plus de sécurité. Fermer les petits commissariats était une mauvaise idée. Il faut remettre des agents de quartier sur le terrain, et aussi des concierges dans les grands immeubles."
  4. Logement: "On veut passer de 10 % à 25 % de logements publics. Pas en un coup, mais ça existe à Seraing par exemple. C’est donc possible."