Charleroi

Le parti de gauche compte bien faire bouger les lignes à Charleroi

Le PTB n’a réussi à caser qu’une conseillère communale au sortir des urnes en 2012 à Charleroi : Sofie Merckx. Il revient pour tenter de rafler le gros lot en 2018. Le PTB ne s’est jamais aussi bien porté qu’aujourd’hui et avec près de 500 adhérents à Charleroi, 1.000 en prenant le "grand Charleroi", le parti de gauche radicale a le vent en poupe.

Pour convaincre les électeurs de leur accorder leur confiance, Sofie Merckx (1re sur la liste), médecin et conseillère communale sortante, Germain Mugemangango (2e), porte-parole du parti, et Roberto D’Amico (4e), ex-syndicaliste FGTB à Caterpillar, ont présenté leurs propositions. "Aujourd’hui, les clés de la ville sont aux promoteurs immobiliers : on parle de faire une marina, des logements luxueux, un palais des congrès… ça, c’est Charleroi côté pile. Il y a aussi le côté face, explique Sofie Merckx. C’est une administration qui a de moins en moins d’agents, des bâtiments scolaires qui sont des passoires énergétiques, des piscines qui ferment, un manque flagrant de logements sociaux, sans compter sur l’austérité décidée au Fédéral qui plombe les finances locales."

Alors ils sont clairs : ils veulent rebattre les cartes et changer les choses. Avec près de 300 propositions réparties dans 16 chapitres, le programme de 124 pages contient aussi les clés explicatives pour se mettre dans "l’état d’esprit PTB" (résumé des lignes de force à retrouver ci-dessous, le reste sur www.charleroi.ptb.be d’ici peu) : en bref, l’abolition du néolibéralisme et du pouvoir à l’argent.

Pour y arriver, ils proposent de faire des choix de gestion communale et financière radicalement différents. "Ce n’est pas un catalogue de bonnes intentions, tout est concret", promettent-ils, même si a priori les finances désastreuses de Charleroi auraient bien du mal à pouvoir supporter l’ensemble des propositions sans un changement en profondeur du système régional et fédéral. "C’est bien pour ça qu’on va devoir se battre. L’ennemi, c’est l’ensemble des partis qui se sont succédé aux différents gouvernements, autant PS que MR, qui sont finalement d’accord sur bien des points. Mais on reste tout de même prêts à discuter avec tous ceux qui voudraient aussi s’inscrire dans la rupture qu’on propose."


1. 33% des nouveaux logements doivent être sociaux : "Il y a 4.000 personnes sur liste d’attente pour obtenir un logement social alors que, paradoxalement, le nombre de logements sociaux disponibles sur Charleroi est en baisse", dit le PTB, qui propose que 33 % des nouvelles constructions où la ville a son mot à dire deviennent des logements sociaux. Objectif à terme : que 25 % du parc locatif carolo soit dans le giron d’une société de logement public."Sinon, trop de logements sont hors de prix pour le Carolo moyen : on veut de la mixité, mais pas en chassant du centre ceux qui y habitent déjà."

2. Le salaire du bourgmestre divisé par deux : Le bourgmestre de Charleroi gagne 10.000 euros brut par mois. "C’est trop, avec un salaire comme ça, pas étonnant qu’on estime qu’on peut faire passer le parking du centre-ville à un système payant." Le PTB veut donc réduire ce salaire par deux, et revoir également la paie des échevins. À noter que le salaire des élus est défini par la loi : en attendant de pouvoir le changer à un échelon de pouvoir supérieur, "on pourrait reverser la moitié à des associations ou créer un fonds pour soutenir l’un ou l’autre projet."

3. Les transports en commun gratuits : "Charleroi n’est pas un petit village, on a la capacité de montrer l’exemple : on a estimé à 6,5 millions d’euros le coût annuel de la gratuité des transports en commun, soit 1,5 % du budget communal", dit le PTB, qui précise que pour toute l’agglomération, cela représenterait 16 millions. "Ça se fait déjà dans d’autres villes européennes. À Hasselt, par exemple, ils ont trouvé un compromis avec De Lijn et chacun paie 50 % du montant total. On estime que c’est nécessaire pour favoriser la mobilité en ville et aux alentours."

4. Davantage d'emplois publics :  L’emploi est la 1re préoccupation des Carolos selon l’enquête du PTB "et les gens attendent aussi un service public fort. En recrutant dans l’administration, on peut faire les deux : améliorer les services publics tout en créant de l’emploi. Aujourd’hui, un fonctionnaire sur trois qui part à la retraite n’est pas remplacé." Par exemple : la création de nouvelles piscines, comme c’est prévu, nécessitera d’employer des gens pour les gérer. "C’est comme ça qu’on pourra offrir des contrats dans le service public. Et sans que ce soient des contrats précaires !"

5. Suppression du parking payant : "Avoir mis le parking payant en centre-ville n’est pas une mesure de mobilité, c’est une taxe qui ne dit pas son nom, assure le PTB. Dans notre enquête, 39 % des Carolos sont contre ce nouveau système. On veut l’abolir." Même s’il semble effectivement plus aisé de se garer aujourd’hui en centre-ville que ça ne l’était il y a deux ans (à condition d’avoir une carte, bien entendu), la mesure n’est en effet pas très populaire : rien ou presque n’a été fait en contrepartie pour favoriser les transports en commun et le stationnement en dehors du centre-ville.