Charleroi

390 000 euros d’investissements, dont 182 000 de subsides wallons, des années de réflexion, et 150 mètres d’infrastructures enterrées plus tard, ça y est : le village de Mellet, dans l’entité des Bons Villers, a son "réseau de chaleur".


Concrètement, il s’agissait de remplacer les vieilles chaudières à mazout de l’école des Mirabelles et son réfectoire, la crèche, les appartements, la maison de village, le point poste et l’église, par un chauffage à biomasse centralisé utilisant des pellets ou de la plaquette forestière. "On va économiser 35 000 litres de mazout par an pour ces six bâtiments publics", s’est réjoui le bourgmestre Emmanuel Wart (MR), qui faisait probablement là sa dernière inauguration avant de passer dans l’opposition le 3 décembre prochain. "On rejettera moins de C02, ça permet aux Bons Villers d’entrer une bonne fois pour toutes dans la transition écologique, de montrer l’exemple tout en respectant ses engagements de la Convention des Maires."

Brûler du bois , un argument écologique ? D’après le ministre Jean-Luc Crucke (MR), venu pour l’occasion, oui : "En Wallonie, du bois, on en a. C’est même une de nos richesses. Et si on le gère correctement, on en aura encore pour un bon bout de temps. Ça permet de réconcilier écologie et économie, ce jeudi, nous ferons d’ailleurs passer un décret ‘réseau chaleur’ qui facilitera les démarches d’installation." Il faut savoir que ce type de biomasse est issu des sous-produits de l’industrie bois, on est donc dans un cercle vertueux où chaque ressource est utilisée au mieux de sa valeur. Et concernant les particules fines, souvent décriées lorsqu’il s’agit du bois, l’entreprise spécialisée Coretec assure qu’il n’y a pas de rejet grâce à un "cyclone" qui nettoie les gaz de combustion.

Le bénéfice financier, au-delà des aspects écologiques, est sans appel pour la commune : avec un investissement de 200 000 euros, elle a désormais une infrastructure d’une durée de vie de 60 ans au moins (70 à 80 si bien entretenue), et une économie de 20 % sur sa facture énergétique annuelle, les prix du bois étant à la fois bas, et stables depuis 10 ans. L’investissement sera rentabilisé dans six à huit ans.