Charleroi "Les bus hybrides représentent un manque à gagner annuel d’un million".


Sous contrat de gestion, les cinq sociétés Tec de Wallonie sont tenues de veiller à l’équilibre de leurs comptes. À Charleroi, ce ne sera pas le cas en 2018 où les résultats vont replonger dans le rouge. En cause : l’exploitation des bus hybrides.

Depuis décembre dernier, 55 de ces véhicules électriques-diesel ont été mis en service sur le réseau de Charleroi. Et selon Philippe Charlier administrateur CDH au Tec, les surcoûts sont beaucoup plus élevés que les économies.

Une note interne est explicite à ce propos : pour 2018, les économies en carburant et en matière s’élèvent à près de 700.000 euros. Pour des dépenses d’entretien, de pièce et de main-d’œuvre qui atteignent 1,7 million. Un différentiel d’un million d’euros, qui devra être intégré dans un résultat en très léger boni. "Même après ajustement, nous serons toujours en négatif, un manque à gagner qui sera épongé par les réserves", avance Philippe Charlier.

Il déplore que le Tec n’ait pas fait le choix de véhicules hybrides pour les citybus qui desservent le centre-ville : ils parcourent en moyenne 5.000 km par mois pour un peu plus de 1.500 passagers transportés. L’offre est mal adaptée : un départ toutes les 20 minutes, ce n’est pas suffisant. Il faut diminuer les fréquences et les prix.

Quant à l’attractivité du métro, le mandataire suggère d’en prolonger l’exploitation en soirée pour en renforcer l’attractivité : les rames doivent rouler jusque 23h en semaine et 1h du matin le week-end. Actuellement, un étudiant qui fréquente les cours en promotion sociale n’a pas de possibilité de rentrer chez lui en métro. Quand il sort de l’école, le métro ne circule plus. Idem pour les personnes qui viennent aux spectacles en soirée. Pour regagner leur domicile, elles doivent prendre leur voiture, aucune offre n’est en effet adaptée à ce public.

"Conduire ou se laisser conduire, c’est un choix à faire", indique Charlier. Quel que soit ce choix, chaque Wallon paie 137 euros par an pour financer le transport en commun : dès lors, le Tec Charleroi se doit de revoir ses ambitions à la hausse.