Charleroi

Les deux derniers chefs de zone de la police locale de Charleroi comparaîtront devant le tribunal correctionnel sur citation directe de l’auditorat du travail


CHARLEROI Francine Biot et Philippe Stratsaert, qui lui a succédé en juin 2008 suite à son inculpation pour corruption passive dans le dossier du commissariat de Marcinelle, répondront de faux et usages de faux, et de détournement de subsides.

Une psychologue qui travaillait pour le Bureau d’Aide aux Victimes (BAV), externe à l’organigramme de la police locale, a été déplacée vers la Cellule d’Ecoute et d’Amélioration des Tâches (CEAT), un service qui sert notamment de « stress team » pour le personnel. Si le BAV pouvait bénéficier de subsides de la Région wallonne pour cet emploi, la police locale, elle, n’y avait pas droit. Or, les subventions ont continué à être perçues, ce qui permettait à la police locale de payer cette psychologue.

Cette situation fut dénoncée par le chef de service du CEAT, ce qui a entraîné l’ouverture d’un dossier à l’auditorat du travail de Charleroi. L’enquête n’a pas nécessité de devoirs particuliers, ce qui a permis d’éviter l’ouverture d’une instruction. Dès lors, Francine Biot et Philippe Stratsaert ne sont pas inculpés en tant que tels, mais cités directement devant le tribunal correctionnel par l’auditeur du travail.

A la lecture brute des préventions, on pourrait croire à un énième scandale. Mais l’analyse des faits fait plutôt pencher la balance vers une erreur de gestion, une entourloupe administrative qui a permis à la police locale de recevoir des subsides indus. Pas de quoi, à ce stade, réclamer la démission du chef de zone en place, Philippe Stratsaert, qui depuis un an et demi tente de relancer une police carolo enfin débarrassée de ses problèmes d’effectifs et de charroi.

© La Dernière Heure 2010