Charleroi Invisibles malgré eux, les membres du Comité de Développement stratégique planchent sur l’avenir de Charleroi et la région.


Rudy Pirquet, syndicaliste Setca (FGTB), est depuis peu le nouveau président du CDS, le Comité de Développement stratégique.

Plutôt méconnue du grand public, cette organisation œuvre à rendre Charleroi meilleure demain. Entretien.

On parle de vous ici et là, mais qui êtes-vous ?

"On est un organe de consultation, officieux, qui rassemble autour de la table le patronat, les organisations syndicales et les partis politiques. Une fois par mois, les 15 membres, 5 de chaque bord, se voient pour développer une stratégie économique, socio-économique et sociétale. Dans le but que Charleroi rayonne davantage demain qu’hier ou avant-hier. On vient de milieux différents, d’obédiences différentes, de couleurs politiques différentes. Alors évidemment on n’est pas toujours d’accord, mais on peut s’unir autour de grands combats pour la région de Charleroi, et maintenant pour Charleroi Métropole. Au départ, c’est un groupe de gens qui se rendent compte que Charleroi est au fond de la vague et qui se disent : tiens, peut-être qu’en mettant des gens autour de la table, ça peut fonctionner. Et je dois bien avouer que c’est quelque chose qui fonctionne pas mal, le problème c’est que ça ne se sait pas suffisamment comme vous le disiez."

Qui fonctionne pas mal, c’est-à-dire ?

"Le meilleur exemple, c’est probablement au lendemain de la fermeture de Caterpillar. C’est un drame, mais ça a permis de rassembler les forces vives de la région, toute couleur et toute tendance confondue : ça a abouti à la création de Catch et de la Delivery Unit, qui va à échéance de quelques années redonner une dynamique, un coup de pied au derrière, aux acteurs économiques de la région. Tout ça grâce à certains réseaux, bien entendu, il n’y a pas de secret."

Ce n’est donc pas politique ?

"Non non, pas du tout, même s’il y a cinq politiques dans le groupe. Il y a une force d’interpellation : en fait ce sont des commissions qui se penchent sur un dossier, qui alimentent le CDS, et lui remonte les idées et projets vers le monde entrepreneurial, le monde syndicaliste et le monde politique, pour essayer de concrétiser tous ces projets. Quand il y a eu le changement de majorité il y a quelques mois, la première chose que le CDS a fait c’est de rencontre Jeholet pour voir les intentions du nouveau gouvernement wallon envers Charleroi."

"On vise le concret, pas juste des idées"

Trop souvent dans le monde politique, encommissionner un sujet, c’est l’enterrer. Déléguer le moins intéressant, en quelque sorte. Nombreux sont les hommes et femmes politiques qui confirmeront - en off.

"Pas ici, répond le président Rudy Pirquet. Le Comité est l’organe plénier, où tout le monde est représenté, mais tout ce qui y est discuté vient des commissions, qui ne fonctionnent que par le biais de projets et de propositions concrètes."

  • Pour la E420, une commission mobilité s’est penchée sur le sujet.
  • Pour Charleroi Métropole, encore une commission, avec un nouveau plan de communication qui devrait être prochainement annoncé pour faire connaître l’ensemble des villes et communes du bassin à l’extérieur, auprès des investisseurs et des touristes.
  • Le développement digital et biotech, dont on a récemment parlé avec Gosselies qui va doubler de taille, encore une commission dédiée au sujet.
  • "Et puis il y a la commission du capital humain, très importante, qui s’occupe de l’enseignement et de la formation. C’est eux, par exemple, qui ont accouché de la Cité des métiers, de l’Université ouverte, ce genre de choses."

Et qui paye pour tout ça ?

Le Comité de développement stratégique est financé par la Région wallonne, "au même titre que le GRE à Liège", et une participation de l’intercommunale Igretec qui met à disposition une secrétaire et un coordinateur.

"Précision utile, parce que c’est un sujet touchy : rien n’est rémunéré, il n’y a pas de jeton de présence, rien du tout." Même pas un petit défraiement ? "Absolument pas, c’est véritablement une action gratuite en plus de nos activités professionnelles. Je suis toujours secrétaire général au Setca. Ici mon mandat au CDS court pendant deux ans, en 2020 ce sera un patron, puis ce sera un autre syndicaliste mais de la CSC, puis à nouveau un patron, etc."

Le côté politique est, lui, représentatif : CDH, PS, MR et Ecolo. Pas de PTB ou d’indépendants, qui n’ont pas obtenu assez de voix aux dernières élections.