Charleroi Le bilan plutôt bon de l’année 2017 et les perspectives à partir de maintenant

Malgré un été mitigé où le soleil s’est fait discret, le bilan 2017 est plutôt bon pour la première station touristique de Wallonie. "Jusqu’à fin juin, quand le temps a changé, c’était rempli, assure Philippe Fourmeau, porte-parole des Lacs de l’Eau d’Heure. On n’a pas encore les chiffres, mais il y aura probablement une légère baisse due notamment à l’année exceptionnelle qu’était 2016, mais ça nous a donné l’occasion de développer nos activités indoor, et globalement la tendance reste très positive."

Il faut dire que les Lacs ont su se diversifier au fil des ans. Uniquement concentrée sur la belle saison, les promenades et les sports nautiques, l’activité s’est aujourd’hui étendue dans de nombreux nouveaux secteurs touristiques, pour proposer une offre quasiment 365 jours par an. L’aquacentre et la balnéo, rénovés l’année précédente, drainent 150.000 personnes sur un total annuel d’1,5 million estimé.

Les nouveautés de 2017 ont aussi fait fureur : le Bike Park et ses offres VTT, descentes et trials, a été ouvert au grand public pour une année "test", dont la réelle exploitation commerciale commencera cette année. "Les gens sont séduits, ça attire beaucoup de Français notamment, et avec le tapis mécanique, on peut vraiment rouler toute la journée sans avoir besoin de passer son temps à remonter les côtes."

L’autre actualité, c’était le Golf des Lacs. "L’inauguration avec des sportifs et des people a conquis, et encore… tout n’est pas prêt, puisque le Club House, avec son magasin et son restaurant, n’ouvrira que cette année, ajoute Philippe Fourmeau. On va pouvoir développer le tourisme golfique, pour attirer depuis l’étranger."

À cheval sur le Hainaut et la province de Namur, les Lacs attirent deux types de public : les touristes d’un jour, plutôt des locaux qui cherchent à passer une journée tranquille, et puis les touristes dits "de séjour", principalement venus des Pays-Bas et de la Flandre, qui vont loger dans les 4.500 lits des deux villages.

Le petit boom du tourisme wallon

Pour cette année 2018, trois gros chantiers sont en cours aux Lacs de l’Eau d’Heure.

Un, le centre de séminaires et son hôtel. Le public visé est le monde de l’entreprise. "Il y a du potentiel dans le tourisme d’affaires, précise Philippe Fourmeau, le porte-parole. On mise beaucoup sur la venue de grands groupes internationaux." Les 70 chambres permettront d’accueillir des cadres du monde entier pour des réunions, des signatures de contrats, des conseils d’entreprise, etc.

Deux, le Club House pour le Golf des Lacs. "C’est en deux axes, le premier géré par le golf avec un accueil, une boutique et tout ce qui tourne autour de la pratique, le second est un restaurant-brasserie pour les joueurs." Et ici aussi, les entreprises sont visées, avec l’espoir d’y tenir des événements comme la présentation d’un nouveau modèle de voiture.

Trois, l’ouverture d’un centre équestre. "Difficile ici d’être sûrs que ça sera cette année, mais on a déjà des bonnes relations pour trouver un exploitant, ça devrait être fini en 2018." Au menu : tourisme équestre avec des promenades et des initiations, et de quoi organiser de grands événements sportifs, des courses d’obstacles ou des compétitions, le tout autour du cheval.

Tous ces investissements ne seraient peut-être pas possibles sans l’argent que la Région injecte sur le site de l’Eau d’Heure. Pourtant, en tout et pour tout depuis les débuts, les investissements publics se chiffrent à 40 millions d’euros, là où le montant avancé par le privé dépasse les 200 millions.

"Quand le public met un euro, le privé suit en général, constate-t-on du côté des Lacs. C’est un signal positif qui est envoyé par les autorités, et qui fonctionne très bien ici, la preuve." L’avantage pour la Wallonie, c’est de se placer sur la carte du tourisme au niveau international, mais aussi de l’emploi : près de 300 équivalents temps plein sont utilisés sur le site, un nombre qui ne devrait aller qu’en augmentant.

Vers des hébergements insolites sur l’eau et dans les bois?

La thématique wallonne pour le tourisme cette année est "insolite". Et cela tombe bien : depuis déjà quelques mois, les Lacs réfléchissent à proposer des hébergements insolites.

"C’est en réflexion, mais rien n’est fait encore, admettent les responsables de l’Eau d’Heure. On veut s’orienter vers des hébergements sur l’eau, ou dans les bois, peut-être, ou même d’autres choses. Il y a une demande pour ce genre d’expériences."

Quelques kilomètres au sud, à l’Aquascope de Virelles, on a ouvert il y a déjà plus d’un an des chambres en "bulle" sur le lac de la réserve, pour des nuits avec vue sur l’eau et sur les étoiles.

Si le public est demandeur, il a aussi la particularité d’être très souvent local. "Le ministre le rappelait récemment, il y a de plus en plus de Wallons qui vont en vacances en Wallonie." Et on sait que ce n’est pas une question de prix, puisque la Belgique n’est pas si bon marché : la gastronomie, les produits locaux et la redécouverte des paysages de chez eux ont, de plus en plus aux yeux des vacanciers belges, un attrait certain.

"Le tourisme est devenu un véritable business en Wallonie, ce n’était pas le cas avant."

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Rectifications du 11/01/2018: Philippe Fourneau a été modifié en Philippe Fourmeau. Hébergements sous l'eau en hébergements sur l'eau.