Charleroi Conférence-débat inédite de la Chambre de commerce et d’industrie.

La guerre mondiale est déclarée sur la toile : elle oppose les hackers aux États, aux entreprises et même aux simples citoyens. La région de Charleroi n’est pas épargnée : après une attaque, la Ville a dû renforcer la sécurisation de ses données sensibles, le site Internet de l’ICDI a été piraté l’an passé, la Chambre de commerce et d’industrie du Hainaut (CCIH) vient de devoir faire face à l’infection de son portail par un malware, un logiciel malveillant.

Comment s’en prémunir ? S’il n’existe pas de panacée pour neutraliser les centaines, voire les milliers, de virus qui sont créés chaque année, selon le centre belge de cybersécurité (CCB), des précautions élémentaires s’imposent. Comme on ne part pas en vacances en laissant les portes et les fenêtres de sa maison ouvertes, il faut veiller à ce que ses outils de communication et de stockage de données ne soient pas accessibles au premier hacker venu.

Pour sensibiliser les PME et les TPE sur le sujet, la CCIH a invité des experts lillois à venir donner des conseils en sécurité mobile, lors d’un déjeuner-débat à Thiméon. La règle de base à retenir est celle-ci : réduire la vulnérabilité de ses appareils et l’accessibilité de leurs contenus. "Il ne sert à rien d’investir dans de coûteux moyens de protection si l’on néglige l’essentiel", selon Monir Morouche de Suricate concept.

Vérifier la source des applications que l’on télécharge, en limiter les droits d’accès, éviter d’effectuer des opérations sensibles là où l’on peut être facilement espionné, désactiver sa géolocalisation, installer des pare-feu, des programmes antivirus et des filtres antispams, effectuer ses mises à jour ou simplement renforcer son mot de passe. Ne pas agir ainsi, c’est courir le risque de se faire pirater ou subtiliser des données sensibles : coordonnées de clients, listes de prix d’achat des matières premières, dossiers médicaux de patients, codes secrets bancaires, numéros de cartes de crédit…

Pour conseiller et accompagner les entrepreneurs, la CCIH a développé une expertise en intelligence stratégique (lire par ailleurs). Les contaminations et attaques informatiques causent des dégâts considérables. Dans une étude récente, l’université de Gand en évaluait le coût moyen à 10.000 euros par entreprise infectée. Avec le risque de voir des informations confidentielles liées par exemple à la vie privée circuler librement à l’insu de leurs titulaires.

Des formations pour les entreprises

Une maîtrise des ressources et l’exploitation des nouveaux outils du web 2.0 permettent aux PME et TPE d’anticiper les changements, voire d’influer sur ceux qui leur seraient favorables. La cellule intelligence stratégique (IS) propose des formations sur mesure pour les chefs d’entreprise. 

"Notre action s’articule sur trois axes", explique Nuria Torregrosa de la CCIH. "La veille, qui consiste à se tenir au courant de l’évolution de son environnement, l’influence qui consiste à agir sur son environnement afin de le rendre favorable à son activité et la protection de ses informations et de son savoir-faire." 

Quatre journées de coaching et d’ateliers pratiques ont été programmées cet automne : les 23 octobre, les 6 et 20 novembre et le 11 décembre. Infos au 071/532.879 ou rehgis@ccih.be