Charleroi Vers la prise en compte des intérêts particuliers de chaque site.

En trente ans, les terrils sont passés du statut de crassiers des charbonnages à celui de terrains de loisirs et d’expérimentation. Il fallait donc revoir et adapter une classification largement basée sur la nature de leurs sols et leur exploitabilité. C’est l’un des objets du code des sous-sols en préparation, et qui devrait être prochainement soumis en première lecture au gouvernement wallon. Pour une adoption par le parlement sous cette législature.

Dans ce cadre, le ministre en charge de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement Carlo Di Antonio (CDH) vient d’apporter des précisions à la députée PS Graziana Trotta, qui l’interrogeait par écrit. En Wallonie, 330 terrils sont actuellement répertoriés, ils se concentrent sur l’ancien sillon minier depuis Bernissart, en Hainaut occidental, jusqu’au plateau de Herve en province de Liège. On en dénombre plusieurs dizaines dans la région de Charleroi. Leur classification obéit à des critères industriels : trois catégories ont été définies. Ils sont soit intouchables, soit exploitables, soit enfin valorisables moyennant certaines conditions et études.

Et c’est là que le bât blesse : les regards ont évolué, les pratiques et les usages aussi. C’est en fonction de ces critères actuels que le code des sous-sols veut les reclassifier. "La volonté est de tenir compte de leurs potentiels autres qu’industriel, selon cinq nouvelles catégories", selon Carlo Di Antonio. La première, ce sera l’intérêt patrimonial, environnemental ou urbanistique du site. Deux : l’intérêt social, culturel ou pédagogique. Ensuite viennent les terrils présentant des atouts touristiques. Ils précèdent deux classifications qui portent sur leur potentiel économique.

À ce stade, les terrils n’ont encore fait l’objet d’aucune catégorisation, précise-t-on au cabinet. Une étude doit permettre d’établir un cadastre et un projet de classification, en les considérant de manière individuelle ou dans l’ensemble qu’ils forment avec d’autres terrils. Selon le ministre Di Antonio, le code des sous-sols a pour objet d’instaurer un cadre clair et précis des activités et installations visant à exploiter les ressources souterraines.

Appelé à se substituer à des législations antérieures, il a également vocation à régir de nouvelles applications, notamment dans le sous-sol profond, adaptées à l’évolution des techniques et à l’amélioration des connaissances.