Charleroi Les verts veulent asseoir leur présence dans la seule commune où ils sont en majorité, voici leur plan pour les élections de 2018


Rencontre avec le président du CPAS sortant, à Courcelles, l’Ecolo Christophe Clersy, en charge de l’Économie, la Petite enfance, l’Emploi, la Participation citoyenne et l’Énergie. Il présentera une liste Ecolo pour les élections communales d’octobre 2018, et ne sera donc pas candidat sur la liste de la bourgmestre (lire ci-contre).

Comment va se passer la campagne Ecolo ?

"Il y a beaucoup d’enthousiasme chez les gens que je rencontre à Courcelles, mais je leur répète que même si on estime avoir fait du très bon boulot, tout n’est pas parfait. De notre point de vue, chez Ecolo, on peut aller encore beaucoup plus loin. C’est pourquoi nous allons continuer ce qui a été commencé en 2012, en se basant sur trois propositions : la participation citoyenne, l’aide à la rénovation énergétique et le bio."

La démocratie participative ?

"Exactement. On se pose toujours la question, en collège, de quels grands travaux on va faire avec notre budget extraordinaire. Ce qu’Ecolo propose, c’est qu’une partie de ces décisions soient soumises au vote des citoyens, qu’on sorte de ce modèle de démocratie qui ne s’exprime qu’une fois tous les six ans. On voit que l’associatif, les marchés, les commerces bougent à Courcelles : on peut impliquer les gens davantage dans la gestion de la commune, et ça n’en renforcera que plus l’intérêt des citoyens pour la politique locale."

Ensuite, l’aide à la rénovation énergétique : une commune peut-elle faire plus ?

"Oui. On a beaucoup travaillé là-dessus avec nos partenaires MR et CDH, mais on peut aller plus loin. Par exemple, on donne déjà une aide de 400 € aux gens qui isolent leur toiture, en plus de la prime de la Région wallonne. Mais ce n’est pas suffisant pour les gens précarisés, ils n’ont pas 2.000 € sous la main pour isoler leur toit, peu importent les primes. Je voudrais donc lancer un système de tiers investisseur, et j’ai déjà des candidats : l’idée, en deux mots, c’est qu’une entreprise aille faire un audit de la maison de quelqu’un, et qu’elle lui dise : ‘Voilà, vous payez 600 € par an de chauffage. Ce qu’on va faire, c’est venir isoler gratuitement votre toiture, et vous ne payerez plus que 300 €. Par contre, pendant quelques années, vous nous donnerez 300 € pour rembourser les travaux.’ Comme ça, les gens paieront toujours leurs 600 € annuels, comme d’habitude, mais au bout de quelques années, leur facture va diminuer. C’est bon pour eux, et c’est bon pour l’environnement. Ça existe déjà en Allemagne, et ça tourne très bien."

Et le bio ?

"Ecolo veut introduire au moins une part de bio et de local dans les repas des écoles et des personnes âgées : c’est le CPAS qui prépare ces quelque 400 repas quotidiens, on peut donc s’adapter. Ça sera difficile avec l’Afsca et il faudra une bonne team d’avocats pour encadrer la légalité de la démarche, mais à mon avis ,c’est faisable, c’est surtout important, et je crois qu’il y a une vraie demande de la part des gens."

Et Ecolo peut se permettre de proposer ces trois mesures ?

"C’est justement pour cette raison que nous proposerons notre propre liste, et que je ne vais pas sur celle de la bourgmestre. Si aujourd’hui l’électeur veut qu’on ait encore plus de poids, il peut voter pour nous. Et on pourra alors d’autant mieux négocier avec les autres partis, que ce soit le MR, le PS ou le CDH, pour faire une future majorité. Quand je vois ce qu’on a pu accomplir avec trois sièges sur trente-et-un, en six ans seulement, je suis très positif pour l’avenir : Ecolo veut changer le monde, mais il ne pourra pas le faire seul."

"Ecolo a joué gros en rejoignant le MR"

Pour Christophe Clersy, faire partie de la seule majorité de l’arrondissement où Ecolo est présent était un challenge, qu’il estime relevé. "Historiquement, ce n’était arrivé que deux fois à Pont-à-Celles et une fois à Fontaine-l’Evêque. Mais nous avons prouvé que nous étions un partenaire efficace, ce qui n’est pas toujours gagné dans la tête des gens. C’est important parce qu’on a pu faire plus en 6 ans qu’en 18 dans l’opposition."

Gestion, environnement, participation : le vert s’autocongratule. "Le CPAS, c’est un budget de 23 millions par an pour 300 employés. Pourtant, on a réussi à réduire la part communale tout en continuant à innover, ça montre qu’on n’est pas que des rêveurs, on sait être efficace. Je pense même que certains projets n’auraient pas été mis sur la table si on n’avait pas été là."

Il n'y aura pas rien que des MR sur la liste de Taquin

Changement d'interlocuteur. Caroline Taquin, pourquoi ne pas lancer une liste MR, vu que le CDH et Ecolo se lancent dans des listes propres ?

"Parce qu’il y aura aussi chez nous des citoyens d’ouverture, connus pour leur travail sur le terrain, et je voulais que l’appartenance au MR ne soit pas un prérequis pour figurer sur ma liste. Dans les faits, il y a des mandataires MR sortants, bien sûr, mais aussi des gens qui font partie ou ont fait partie d’autres partis politiques."

Quelles sont les priorités pour la campagne ?

"On se concentre sur la gestion communale : travaux, participation citoyenne, environnement, sécurité, etc. Là, nous faisons des réunions avec les Courcellois, et seulement après nous arrêterons notre programme."

Repartir avec le CDH et Ecolo, c’est possible ?

"Je suis tout à fait partante pour continuer à travailler avec le CDH et Ecolo après les élections, si le résultat des urnes s’y prête : nous avons formé une bonne équipe pendant six ans."