Charleroi

L’ASBL Succès vient de fêter son premier anniversaire

CHARLEROI Chaque année, 5.000 dossiers de violences conjugales sont ouverts au parquet de Charleroi. Harcèlement, menaces, coups, abus sexuels : parfois, ces situations débouchent sur des drames. D’autres cas, par contre, restent secrets et perdurent durant de nombreuses années.

Après une enfance marquée par le racisme, les moqueries dues à son strabisme et des attouchements, Betty Laurent, alias Betty Batoul, a dû subir les coups de son mari. Mais malgré ce calvaire, cette femme est parvenue à s’en sortir.

Mieux encore, elle a sublimé son passé pour se reconstruire et aujourd’hui aider toutes celles et ceux (il y en a) qui vivent un pareil enfer.

Après avoir publié son roman autobiographique, Un Coquelicot en hiver ? Pourquoi pas , Betty Laurent a fondé l’ASBL Succès , il y a tout juste un an. “L’association est composée essentiellement de victimes d’hier qui aident bénévolement celles d’aujourd’hui” , explique Betty Laurent.

“Il y a parmi nous des femmes battues, d’autres victimes de violences sexuelles ou d’inceste. Il y a quelques hommes aussi. Toutes ont réussi à se reconstruire et veulent montrer que l’on peut s’en sortir et faire des choses positives.”

Chaque mois, l’ASBL se réunit au sein de l’administration communale de Sambreville et s’ouvre aux personnes victimes elles aussi de violences. “Face à d’anciennes victimes, elles se confient plus facilement, sans la crainte d’être jugées” , poursuit Betty Batoul.

“Certaines parlent pour la première fois de leur problème. Grâce à notre vécu, nous pouvons les conseiller, les orienter, leur dire à quoi elles doivent s’attendre. Et entamer un travail de reconstruction, ce qui peut prendre de nombreuses années. Mais une fois que le premier pas est franchi, nous pouvons les guider à travers nos activités.”

Parmi celles-ci, notons les visites en milieu scolaire où les victimes de violences viennent témoigner de leur expérience devant les élèves, leur laissant libre cours à leurs questions.

“Beaucoup de jeunes ignorent que la violence psychologique n’est qu’une étape. Il ne faut pas nécessairement qu’il y ait eu des coups avant que cela ne dégénère. Ces interventions en classe, finalement, jouent un rôle préventif. Elles marquent beaucoup les esprits.”

L’asbl Succès, qui vient de fêter son premier anniversaire par une soirée-spectacle où des victimes ont effectué leurs premiers pas sur scène, cherche actuellement un local pour y tenir ses permanences. La prochaine se tiendra, le 28 octobre dès 18 h, à l’hôtel de ville de Sambreville.



© La Dernière Heure 2011