Charleroi Il faut savoir mettre un terme à son acharnement.

En se constituant partie civile dans le procès pénal (NDLR : en septembre 2007), la société de logements La Sambrienne a fait d’une pierre deux coups : d’abord, elle s’est ouvert un droit de regard sur l’ensemble des dossiers pénaux.

Ensuite, elle a envoyé un signal à ses locataires. Un signal que l’on peut résumer de la sorte : "au-delà des jugements qui seront rendus au pénal, nous entendons faire payer aux auteurs des infractions le montant des dommages qu’ils ont causé à la société et à ses locataires."

Voici presque 10 ans, on n’en attendait pas moins des nouveaux dirigeants du logement public. Au terme du procès pénal de la Carolo, les données ont changé : les anciens gestionnaires ont été condamnés, la plupart se retrouvent sur la paille, notamment Claude Despiegeleer. Faut-il s’acharner à lui réclamer une somme qu’il n’aura pas les moyens de payer ou vaut-il mieux investir le coût des honoraires d’avocats dans des projets au bénéfice de la collectivité ?

C’est le dilemme qu’a eu à trancher ce lundi le conseil d’administration. Tirer sur un cadavre, c’est contre-productif. Il faut savoir mettre un terme à son acharnement… Dans le dossier de la Carolo, le montant des honoraires d’avocat s’élève déjà à 200.000 euros.

Faut-il continuer à payer quand on sait que cela ne pourra déboucher sur aucun remboursement, faute de solvabilité. La question a été clairement posée. Comme l’indique Hicham Imane, "Il ne s’agit pas de faire un cadeau aux anciens gestionnaires. Personnellement, je leur en veux beaucoup pour ce qu’ils ont fait au logement public et à notre ville. On peut toujours considérer que leurs condamnations ne sont pas suffisantes, mais il faut garder à l’esprit l’intérêt collectif. Nous avons donc choisi la voie de la raison."

Comme en son temps la ville avec la SA du Sporting pour l’occupation du stade communal.