Charleroi Le président de la Sambrienne refuse le projet du ministre des Finances de sanctionner les seuls locataires sociaux marocains

En lisant la DH ce mercredi matin, le président de la Sambrienne - la plus importante société de logements publics de Wallonie avec 10.000 maisons et appartements - a failli s’étrangler.

Hicham Imane (PS) est cash : "C’est avec consternation que j’ai pris connaissance du projet du ministre N-VA des Finances Johan Van Overtveldt d’élargir la convention bilatérale entre notre pays et le Maroc pour pouvoir communiquer la liste des propriétaires de biens aux opérateurs immobiliers publics."

Objectif : sanctionner les locataires sociaux qui ne déclarent pas leur patrimoine à l’étranger, car la législation interdit de bénéficier d’une habitation sociale à loyer modéré lorsque l’on est propriétaire.

Hicham Imane y voit la volonté de stigmatiser une communauté. "Je ne m’étonne pas du choix du Maroc : dans le logement public anversois, une ville dont le bourgmestre n’est autre que le président de la NVA Bart De Wever, c’est la communauté étrangère la plus représentée, observe-t-il. Il y a donc une volonté de la sanctionner davantage que d’autres. Pourquoi pas également les Belges, les Italiens, les Espagnols, les Grecs, etc., qui sont aussi des locataires ?"

Le président de la Sambrienne estime qu’une loi doit s’appliquer à tout le monde. Ou à personne. Face à un risque de deux poids deux mesures, il sollicitera l’adhésion de l’ensemble de son conseil d’administration pour refuser la mise en œuvre de ce projet ciblé sur le Maroc. "Que l’on ne se méprenne pas : je suis à fond pour l’idée de sanctionner des propriétaires qui occupent des logements sociaux. Mais il faut les mettre tous sur un même pied d’égalité, sinon ça ne va pas."

Hicham Imane invite "le ministre fédéral des Finances, et le gouvernement Michel, à redoubler d’efforts pour combattre la grande fraude fiscale plutôt que de s’en prendre aux occupants du logement social. Quand un candidat locataire signe son bail à la Sambrienne, il est tenu de remplir une déclaration de non-propriété. Nous le vérifions ensuite auprès du cadastre pour ce qui est de la Belgique. Cela m’autorise à dire qu’il n’y a pas un seul propriétaire qui occupe un de nos logements".