Charleroi Les prévenus avouent être entrés dans l’habitation, mais pas d’y avoir bouté le feu .

L’édition 2015 de la City Parade fut des plus arrosées pour Grégory, Arnaud et Kevin. Et c’est rarement sous l’influence d’alcool et de produits stupéfiants que les meilleures idées surgissent. Ce jour-là, les trois compères ont décidé de cambrioler une maison de la rue de l’Espinette à Luttre, sachant que sa propriétaire venait de décéder et qu’ils ne seraient donc pas dérangés. 
 
Sauf que quelques heures après leur intrusion, l’habitation a flambé. Dans les décombres, les enquêteurs ont tout de même réussi à isoler l’ADN de l’un des trois jeunes, ce qui a permis leur interpellation. Trois ans après les faits, les voilà donc devant le tribunal correctionnel de Charleroi à répondre du vol d’un GSM et surtout d’un incendie volontaire qui risque de leur coûter cher vu les montants réclamés par les assurances. 
 
S’ils admettent à demi-mots être entrés pour commettre un cambriolage, les trois prévenus contestent formellement l’incendie. « Sauf qu’une voisine a vu trois jeunes déguerpir alors que la maison flambait. Ce serait tout de même ballot qu’il s’agisse de trois autres individus qui auraient, la même nuit, décider de s’introduire dans le même bâtiment, juste après les trois prévenus », ironise le substitut Vervaeren. Selon le parquet, l’intention criminelle ne fait pas non plus de doute puisque deux foyers ont été découverts. « Je suis régulièrement appelé pour des incendies de véhicules volés. C’est comme ça qu’on fait disparaître les traces », a ajouté le magistrat qui requiert 2 ans de prison ferme. 
 
Du côté de la défense, on plaide l’acquittement. « Quel était l’intérêt de brûler une maison alors que le butin ne serait qu’un simple GSM ? », ont avancé les avocats. « Il n’y a rien d’autre que le témoignage de cette voisine. Et encore, la description physique qu’elle donne des auteurs ne correspond pas. Enfin, rien ne prouve que l’incendie était volontaire. Le dossier est indigent à ce propos ». 
 
A titre subsidiaire, les avocats ont sollicité une peine de travail. Jugement en septembre.