Charleroi

La prise d’otages a duré 9 heures et nécessité l’intervention des forces spéciales.


Le quartier de la rue de l’Alouette à Charleroi-Nord était en état de siège, ce vendredi soir. Un homme de 34 ans s’est en effet retranché dans son habitation en compagnie de son fils de 4 ans et refusait d’en sortir, malgré l’insistance des forces de l’ordre.

Cette nuit d’angoisse a débuté vers 18h15, vendredi, lorsque l’ex-compagne de l’individu s’est présentée à son domicile. Conformément à la décision du juge de paix sur le droit de garde concernant leur enfant commun, la jeune femme a déposé son petit garçon pour le week-end. Mais une dispute a bien vite éclaté, le père de l’enfant n’hésitant pas à proférer des menaces, notamment à l’égard du nouveau compagnon de son ex. Manifestement, l’homme était ivre et son comportement agressif a enjoint la mère du bambin à prévenir les forces de l’ordre.

La police locale de Charleroi s’est donc rendue sur place en début de soirée, mais l’occupant des lieux s’est retranché chez lui, apparaissant à plusieurs reprises avec son fils dans les bras. Le Groupe de Sécurisation et d’Appui local est donc parvenu aux mêmes conclusions : un geste de désespoir n’était pas à écarter dans le chef du forcené, militaire de carrière, dont on ignorait s’il était en possession d’une arme à feu.

Appelées en renfort, les forces spéciales sont arrivées sur place vers minuit et ont entamé les négociations par téléphone, avec l’appui du Procureur du Roi Pierre Magnien qui s’est rendu en personne sur les lieux. Alors que le quartier était toujours bouclé par un large périmètre de sécurité, les discussions se sont poursuivies avec le père de famille qui refusait toujours de sortir de chez lui. "Assurer ’intégrité de l’enfant était l’objectif principal des forces spéciales qui lui ont finalement lancé un ultimatum", explique le Procureur du Roi. "Soit il relâchait son fils, soit les policiers entraient de force pour aller le chercher, au risque de blesser l’intéressé au passage. Finalement, vers 3h50, le suspect a accepté de se rendre et est sorti de chez lui. L’enfant a été retrouvé sain et sauf. Aucune arme à feu n’a été retrouvée dans l’habitation."

Privé de liberté, le forcené a été ramené à l’hôtel de police pour y être interrogé. Le parquet n’a pas mis l’affaire à l’instruction et l’homme a finalement été relaxé dans le courant de la journée de samedi. Son acte désespéré n’arrangera évidemment rien à sa situation, en ce qui concerne la garde de son fils.