Charleroi Avec son casier long comme un jour sans pain, Michel ne peut solliciter qu’une peine de travail.


« Quand est-ce que ça va s’arrêter, monsieur ? On vous connait depuis 1980 », lance le juge Labar à l’adresse de Michel, un vieux cheval de retour en matière de cambriolages. Le quinquagénaire possède déjà un casier judiciaire épais comme un bottin de téléphone : pour des vols essentiellement, ce pourquoi il est de nouveau détenu actuellement. 

En mai dernier, il a escaladé la clôture d’une habitation de Gosselies pour pénétrer par effraction dans une maison et y dérober quelques objets. Un voisin l’a aperçu et l’a reconnu dans la rue, le lendemain. Il l’a donc suivi jusqu’au Cash Converters en appelant la police. « Problème : le butin n’était pas celui du cambriolage », explique le substitut Lafosse. « Mais un autre vol avait été commis le matin même et, cette fois, la victime a identifié ses biens. Vu ses multiples antécédents, je requiers 2 ans de prison ».

Michel, lui, s’explique : « je n’avais plus rien commis depuis 2015. Je m’étais même écarté de Charleroi pour habiter à Treignes. Mais quand mon vélomoteur est tombé en panne, j’ai replongé dans mes travers. Vous savez, ma femme ne gagne que 1400 euros. Elle a une saisie sur salaire et je suis à sa charge. Sans argent, la vie est dure ».

Pour Me Inglese, qui défend Michel, la litanie de condamnations de son client démontre bien « que la prison n’a servi à rien ». Au contraire, dit l’avocate, une peine de travail, qui n’a jamais été tentée avec l’intéressé, pourrait peut-être lui mettre (enfin) le pied à l’étrier et l’empêcher de voler quand il n’a rien à faire. « Je veux bien accomplir des travaux d’intérêt général. En étant en prison, je pénalise aussi ma compagne. Donnez-moi une dernière chance », a-t-il supplié. 

Le juge Labar prendra sa décision ce 13 juillet.