Charleroi Une exposition de peintures réalisées par des personnes ayant un handicap.

Ce week-end, au centre culturel de Mont-sur-Marchienne, le public pouvait découvrir une exposition de peintures réalisées par des personnes avec un handicap. Patricia Payen, Mina Saouti, Véronique Boutigny, Annima Grancitelli, Laurence Dubois et Meliha Henderickx ont présenté leurs œuvres.

Ces femmes avec un handicap sont des passionnées de peinture. Elles se sont rencontrées à l’Hôpital De Vinci, où diverses activités sont organisées pour les personnes handicapées. L’exposition Ladies Art, c’est ce groupe de femmes qui a souhaité la réaliser. Leur objectif est de montrer leurs œuvres au grand public, mais surtout, montrer au monde que malgré leur handicap, elles peuvent vivre normalement, qu’elles peuvent peindre, qu’elles ont droit à la même reconnaissance que quiconque.

Pour elles, la peinture est une échappatoire. "L’art nous permet de nous évader, de sortir de chez nous, d’oublier nos douleurs", raconte Mina. Pour chacune d’elles, cette exposition était importante, elles souhaitent mettre en valeur ce qu’elles savent faire. C’est également une occasion de dénoncer les problèmes liés au handicap : "L’inclusion est un combat au quotidien. Le handicap fait peur. On a déjà beaucoup d’obstacles physiques, mais on dirait qu’on nous en ajoute encore." Le simple fait de réserver cette salle pour faire cette exposition était un combat. "Ils ne voulaient pas nous la donner parce qu’ils avaient peur qu’on abîme le sol avec nos chaises roulantes", sachant que ce sol et ce bâtiment ne sont pas conservés au mieux. Pour y entrer, les PMR doivent faire le tour du bâtiment. µ

Des problèmes de ce genre, elles en vivent à chaque instant, pour se promener en rue, se rendre à Rive Gauche, dans un restaurant, ou même lorsque qu’elles veulent aller voir un concert au Spiroudôme. "Ça fait deux semaines que j’essaye d’avoir des places PMR pour aller voir le concert Stars 80. D’abord on me disait qu’il y avait un problème de passerelle. Ensuite, c’est pour des problèmes de sécurité. Maintenant, on me dit qu’il reste des places. Au final, je ne suis toujours pas certain d’avoir des places. Si je baisse les bras, je n’y vais pas", explique un de leurs amis.

Des histoires comme celle-là, ils en ont énormément. Cette exposition est une échappatoire.

Sa première exposition pour lui rendre hommage

L’exposition Ladies Art ne regroupe des œuvres que de femmes. Cependant, un invité spécial a pu exposer ses photographies : Alain Gillard. C’était sa première exposition pour ce photographe atteint de la maladie de Charcot. Un événement qu’il attendait avec impatience. Malheureusement, la semaine dernière, il est décédé. "Il savait qu’il ne lui restait plus longtemps à vivre. C’est pour cela que ce groupe de femmes l’a invité à cette exposition. C’était important pour lui d’exposer", raconte sa femme. 

Il avait notamment essayé d’exposer au Musée de la photographie : "Il a envoyé un mail où il expliquait sa maladie, mais ils ont répondu en trois phrases que ce n’était pas possible."C’était une déception pour lui. La photographie est pour lui une grande passion. "Jusqu’au bout, il cherchait des trucs pour pouvoir continuer à photographier." Pour lui rendre hommage, l’exposition de ses œuvres a été maintenue.