Charleroi Avec une moyenne de 500 affiches, les candidats s’exposent aux passants.

Il est loin le temps où les affiches électorales étaient apposées "à la sauvage" sur tous les bâtiments, les poteaux d’éclairage, les vitrines des magasins et autres surfaces plus ou moins visibles d’une route. Le temps semble révolu où des milices arpentaient, de nuit, les rues de l’entité prêtes à en découdre physiquement avec les autres équipes d’autres partis.

Aujourd’hui, certains candidats disposent de vrais professionnels au service de l’image qu’ils défendent.

En fin d’après-midi, après le travail, l’équipe de colleurs de Philippe Van Cauwenbergh se rassemble dans son garage transformé en QG de campagne. Son équipe, joyeuse et impliquée n’est pas avare de bons mots jusqu’au moment où Junior, directeur de campagne, prend la parole pour le programme du jour.

Les hommes sont répartis aux quatre coins de Charleroi pour répondre aux sollicitations des particuliers désirant afficher à leurs fenêtres l’image de leur élu de cœur. Chacun prend tout le matériel nécessaire pour coller ou forer les panneaux électoraux. Tous bénévoles, ils offrent leur temps pour la bonne cause, leur bonne cause.

Le directeur de campagne place dans chacune des équipes une personne plus expérimentée pour, si nécessaire, calmer les ardeurs des jeunes novices. Dans l’équipe Van Cau, hors de question de boire pendant la tournée.

Chaque candidat est responsable de son propre affichage, Suivant les affinités, certains joignent leur image et celle d’un autre candidat mais une chose est claire : ne jamais oublier qui est "le patron".

Dans le camp socialiste, les affiches sont ainsi construites qu’il est impossible de se dissocier de l’image du bourgmestre Paul Magnette, le code couleur le différenciant également de ses 50 autres colistiers.

À côté des équipes de colleurs il y aussi les candidats eux-mêmes, qui n’hésitent pas à se rendre chez les particuliers pour distribuer affiches et sourires. En contact direct avec les citoyens, ils ont la possibilité de convaincre et présenter leur programme toujours gagnant.

Si l’affichage n’influence que 3 à 4 % des électeurs dans leur décision, il constitue un argument de taille en matière d’occupation de terrain. De même, si le candidat est aussi présent dans différents événements et que ses affiches sont visibles, il gagne des points et passe volontiers pour quelqu’un de proche et accessible.


Junior: Directeur de campagne PS et père de Soledad, 18 ans, la plus jeune candidate

Dès 17 h, c’est le rassemblement, les troupes formées de militants, sympathisants et autres bénévoles se donnent rendez-vous pour la réunion journalière. Au programme, la liste des affiches à distribuer et des collages à réaliser le soir même.

Junior, directeur de campagne de l’échevin, répartit le travail et donne ses dernières directives. Une équipe munie d’une échelle se charge de tout ce qui est en hauteur histoire d’être vu de loin, une deuxième équipe s’occupe des petites affiches à disposer sur les barrières métalliques aux abords des routes les plus fréquentées. La troisième tourne également et plante piquets et pancartes tout en assurant les quelques réparations d’usage.

Junior, 50 ans, est militant socialiste depuis qu’il a 18 ans. Il est convaincu de son idéologie et ne tente pas de convaincre qui que ce soit. Il raconte juste sa propre expérience et les évolutions dont il a été témoin au fil des années : "Avant, c’était bien plus musclé et certains en venaient aux mains, maintenant, dès qu’il se passe quelque chose, ça fini tout de suite sur les réseaux sociaux."

D’abord au service de Jacques Van Gompel, il poursuit avec Jean-Claude Van Cauwenbergh puis finalement le fils, Philippe.

Séduit par son expérience, ce dernier lui demande d’être son directeur. Junior, respecté des hommes, s’impose comme un véritable leader. Le collage, il connaît ça par cœur : "Même si ce n’est pas déterminant, il faut être présent à la vue des gens, montrer qu’on est là !" Les années d’élections communales, il ne prend pas de vacances pour s’investir totalement. Il défend l’image des candidats socialistes de Montignies-sur-Sambre.

Junior vit la campagne de manière particulière cette année : sa fille Soledad, 18 ans, est la benjamine de la liste PS à Charleroi.