Charleroi

Comment la ministre se braque, face à Xavier Canonne

CHARLEROI L’unanimité existe sur ce point au moins : le musée de la Photographie de Charleroi exerce, sur toute la région et au-delà, un véritable rayonnement. Ce qu’il expose n’y est évidemment pas étranger.

La personnalité de son directeur, Xavier Canonne, non plus, comme son caractère fort et tout aussi fortement chaleureux : l’entendre parler de “son musée”, c’est l’écouter dire sa foi dans Charleroi. Pourtant, cela coince, entre le musée et sa ministre de tutelle, Fadila Laanan.

Le déclencheur ? La récente décision de la ministre de maintenir la gratuité des visites le dimanche. Cela, sans que Fadila Laanan ait prévu une quelconque compensation financière. C’est le dernier épisode du désamour et du peu d’intérêt du cabinet Laanan. Ne dit-on pas que son représentant au CA du musée a surtout, ces dernières années, brillé par son absence ?

Ne dit-on pas aussi que la répartition des subventions octroyées par la même ministre manifeste des préférences dont on perçoit mal (ou trop bien, c’est selon…) la pertinence ? On ne sera qu’à moitié étonné des mannes dont bénéficient la région de Mons, son BAM et Mons 2015 . Hasard, sans doute.

Aujourd’hui, le financement même du musée est en cause. Fadila Laanan n’avait pas tari d’éloges, à l’agrandissement des installations muséales. Certes. Mais les subventions, elles, n’ont pas suivi, que du contraire, et le bonheur ministériel ne s’est pas autrement traduit. Tout cela, Xavier Canonne l’a dit avec… une certaine fermeté à la ministre. Trop fermement, peut-être.

Et Fadila Laanan s’est cabrée, outrée qu’on ose attenter à sa vertu d’objectivité, avant de demander au CA du musée de prononcer, quant à la suggestion de Xavier Canonne de confier le musée à un autre directeur. On en est là.

Le dialogue n’est pas rompu, mais... Encore faudrait-il pour cela, qu’au lieu des discours gratuits de circonstance, Fadila Laanan abandonne pour quelques heures sa supervision de clips aussi gracieux que celui naguère consacré à l’obésité, ou sa communication permanente via twitter. On a les priorités qu’on peut. À Charleroi, le musée en est une, essentielle.



© La Dernière Heure 2012