Charleroi

À 15 ans, Marie (prénom d’emprunt) a vu sa vie gâchée par sa propre mère, Ludivine, et Serdar, le compagnon de cette dernière. Non contente de lui laisser l’éducation de ses cinq frères et sœurs pour sortir en boîte et coucher avec le premier venu, sa génitrice l’a carrément livrée aux pulsions sexuelles de son compagnon.

C’est de manière fortuite que Ludivine et Serdar se sont rencontrés : Marie fréquentait à l’époque Aydin, le cousin de Serdar, et, comme sa mère ne rechignait sur aucune bonne occasion, le couple s’est formé. "Il m’a rendu confiance après mon divorce, explique Ludivine. Je me sentais belle. Mais après trois mois, il m’a avoué qu’il voulait serrer de temps en temps ma fille dans ses bras, juste pour une demi-heure. J’étais aveuglée par l’amour et il menaçait de me quitter si je ne cédais pas. Alors, j’ai accepté."

Rapidement, les câlins ont dérapé vers des caresses sur les seins et les fesses de Marie, tripotée dans le divan, sous les yeux de sa mère. Et dans ce contexte glauque, se sont ajoutés des pratiques sordides, comme le jeu de la bouteille que l’on faisait tourner pour savoir qui de Serdar ou de son cousin pouvait peloter Marie…

"Serdar n’était jamais satisfait. Il conditionnait la poursuite de notre relation avec ce qu’il obtenait de Marie. Il a voulu aller au bout, mais j’avais convenu avec ma fille que j’interviendrais s’il tentait de la pénétrer. Je reconnais toutefois lui avoir demandé de mettre une robe sexy et des bas pour aller le rejoindre dans la chambre", avoue Ludivine, poursuivie pour incitation à la débauche.

Serdar, en aveux , explique avoir agi de la sorte pour dégoûter Ludivine et l’obliger à enfin le quitter, lui qui avait par ailleurs une femme et trois enfants… "C’est un faux prétexte. Son but était d’avoir des relations sexuelles avec l’adolescente qui a fait l’objet d’un odieux chantage sexuel", a répliqué le parquet qui a requis six ans de prison pour la mère et le beau-père, ainsi que deux ans pour Aydin.

Me Itani, conseil de Ludivine, a plaidé l’acquittement pour les attentats à la pudeur et la suspension du prononcé pour le reste. "C’est une mère abandonnique qui s’est retrouvée sous l’emprise de Serdar. Quand il a tenté de franchir l’ultime limite, elle est intervenue et a repris son rôle de protectrice", a précisé l’avocat. Me Gras, lui, a demandé le sursis probatoire pour Serdar. "Il a honte mais il ne constitue pas un danger pour la société. Aucun trait pervers n’a été relevé lors de l’expertise. Il voulait juste plaire à tout le monde", a conclu l’avocat. Jugement le 14 août.