Charleroi

Sur ces six dernières années, 2.673 logements ont obtenu un permis d’urbanisme auprès d’Ornella Cencig (MR).

On faisait le point à la fin mars pour les nouveaux bâtiments construits, soit 1.439 logements. Et le cabinet de l’échevine vient de finaliser les chiffres des logements créés par subdivisions (transformer des maisons/entrepôts/immeubles en plusieurs appartements, NdlR) : 1.234 logements ont reçu un permis. "Il faut bien comprendre que ce sont des logements potentiels, tous ne sont pas encore créés", dit Ornella Cencig. "Mais en général, la majorité des permis finissent par aboutir au bout de quelques années. On peut donc dire que sur la mandature, on a créé près de 445 logements par an."

Un chiffre au-delà des objectifs fixés par le bourgmestre Paul Magnette (PS) à son intronisation : il en voulait 400. "C’est une excellente nouvelle", ajoute Paul Magnette, tout sourire. "Il faut savoir qu’il n’y a pas de pénurie, mais qu’à Charleroi, on avait un grand problème de qualité des logements." En 2013, il a adopté une circulaire pour obliger les propriétaires à remettre leurs biens aux normes, revue et corrigée en 2016 : minimum 60 mètres carrés pour un appartement une chambre, 100 m2 pour un logement 3 chambres, et 30 m2 pour un studio, par exemple. "C’est pour lutter contre les marchands de sommeil, on ne peut plus accepter que des Carolos, souvent précarisés, paient un minuscule appartement 600 euros par mois dans le privé. Il faut savoir que deux Carolos sur dix louent leur logement", précise-t-il. "Et on a bien fait : la qualité des logements s’est nettement améliorée."

Un chiffre interpelle cependant : 59 % des permis de subdivision ont été refusés. "Plus de la moitié des 1.600 dossiers, oui, mais c’est une bonne chose", détaille l’échevine MR. "Quand on me fait une demande pour subdiviser un immeuble, il faut que ça respecte les normes. Et si on a fait les travaux sans permis et qu’on n’est pas en règle, tant pis, il faut tout revoir. C’est comme ça qu’on lutte contre le logement de mauvaise qualité."

D’ailleurs, dans 75 % des cas, les propriétaires qui ont fait un recours se sont heurtés à un second refus de la part du ministre. "Et la plupart des refus ont dû être faits en 2014, juste après les nouvelles normes de Charleroi. On a resserré la vis, mais peu à peu les propriétaires ont compris qu’on ne faisait plus n’importe quoi."

Les kots étudiants se développent

Même si les kots étudiants ne représentent que 3 % des demandes de permis entre 2013 et 2016, la proportion passe à 9,5 % en 2017 et 2018. Et pour cause : Charleroi aspire à devenir une ville étudiante, avec la Cité des Métiers qui devrait voir le jour dans l’intraring en 2020, et les nombreuses hautes écoles dans les environs.

"Ca se fait de plus en plus, mais pas n’importe où : il faut que ça soit localisé à proximité des écoles, notamment à Montignies-sur-Sambre et ça commence au centre-ville", note Paul Magnette (PS), le bourgmestre. D’ailleurs, les demandes de subdivisions d’immeubles pour en faire des kots sont soumises à des demandes des écoles, pour attester qu’une demande existe.

"La norme carolo prévoit 12 mètres carrés minimum pour un kot, mais dans les faits on est en moyenne à 22 m2", se félicite l’échevine : pour elle, c’est une preuve que les logements (kots y compris) s’améliorent en qualité.

Et cette tendance "kot" ne devrait aller qu’en crescendo dans les mois et années à venir : "on a notamment plusieurs investisseurs qui veulent construire des nouveaux kots sur des chancres", confie le bourgmestre.