Charleroi Le président habituel malade, son collègue donne cours.


Comme en fait-on encore, dans une école, quand le professeur habituel est souffrant ? Un collègue vient, qui le remplace avec sa manière à lui d’autrement mener les cours, de veiller à ce que la machine tourne. Ce jeudi matin, Pierre-An dré Hallet a remplacé, au code levé, M. Davio, titulaire, absent pour cause de maladie. Il l’a fait avec des étonnements feints et des émois véritables, lui qui, pourtant, en a vu d’autres, à son siège habituel de la Jeunesse.

On s’adapte au public, avec un « Bonjour, comment ça va ? », à un détenu même pas désarçonné, qui réplique par un « Ca va, et vous ? » de la meilleure tenue. On avance dans la matinée, et la greffière, qui a ses habitudes de gardienne des institutions, passe un coup de fil au service de garde, pour lancer un « Faites monter Machin, salle 259 », qui ressemble furieusement à un « Madame Viviane (prénom d’emprunt) est attendue renfort caisse 4 », dans d’autres décors. L’audience évolue, on reporte beaucoup, parce que mener un dossier ne s’improvise pas, et qu’il vaut mieux remettre que bâcler. Ici, on va se revoir le 17 janvier, mais le prévenu doit se faire hospitaliser, le 5 décembre : « Ah, qu’est-ce que vous avez ? » lance M. Hallet. Le détenu montre son poignet. « Ca ira… »

Là, le parquet a poursuivi un détenu qui avait en poche, en prison, 1,3 gramme de cannabis. Étonnement de Pierre-André Hallet, qui a participé à un colloque où des gardiens de prison ont reconnu qu’ils se taisaient sur les trafics de stups qu’ils connaissaient en interne. Entre le colloque et l’audience, il y a de la marge.

Et les dossiers en pile s’épuisent. Seuls subsistent des étudiants venus s’informer du fonctionnement de la Justice, et qui, visiblement, font des découvertes. Une salle de classe, où le prof Hallet donne un cours franc, concret et direct. La matinée n’aura pas été inutile.