Charleroi Un généraliste appelle les blouses blanches à descendre dans la rue.


Pénurie de généralistes, services d’urgences débordés, souffrances quotidiennes du personnel hospitalier au travail : "Le secteur de la santé ne va pas bien !" C’est un médecin qui pose ce diagnostic, le Dr Karalabos Raptis qui exerce et vit à Châtelineau. Chef de groupe CDH au conseil communal, il avait déjà fait ce constat en séance publique. C’est cette fois à titre personnel qu’il s’exprime.

Son idée : organiser une marche noire des blouses blanches pour attirer l’attention sur le malaise que traverse son secteur. "Quand j’ai ouvert mon cabinet en 1983, nous étions 7 à 8 de plus à pratiquer la médecine générale à Châtelineau. Aujourd’hui, il ne subsiste qu’une dizaine de généralistes. Du coup, nos consultations sont bondées. Ça ne désemplit pas."

Le médecin parle de son vécu : le matin où il reçoit de 9 à 10 heures, il est fréquent que le dernier patient quitte le cabinet à 13 h 30. Idem en soirée où ça se prolonge jusqu’à 22 h 30-23 h. "On est sur les genoux."

La faute à qui ? "À une politique qui pousse aux économies." Il met en garde contre les dangereuses dérives du système. Selon lui, "les conséquences sont déjà visibles. Les généralistes sont surbookés, des confrères en arrivent à devoir refuser les nouvelles personnes qui viennent frapper à leur porte. Les choses vont empirer car l’âge moyen augmente. Dans notre région, les départs en retraite ne feront que rendre la situation un peu plus compliquée."

Le Dr évoque l’évolution des gardes de nuit et de week-end, "que nous sommes de moins en moins nombreux à assurer. J’ai connu une époque où les médecins de plus de 45 ans en étaient dispensés. C’est désormais fini, on y participe jusqu’à la pension."

Ensuite, il y a la saturation des urgences dans tous les hôpitaux : "Quand vous avez 200 patients qui se présentent sur une journée, il n’est plus possible pour les équipes d’accueillir et de soigner dans de bonnes conditions." D’autant que ce report de charge est pollué par ce que le généraliste appelle de "fausses urgences, c’est-à-dire des gens qui veulent être soignés tout de suite alors que leur cas relève de la médecine générale. Ça devient n’importe quoi."

Inquiet, Karalabos Raptis en appelle à la mobilisation régionale pour l’organisation d’une marche noire des blouses blanches. "Cette manifestation permettrait d’exprimer les souffrances de notre secteur et de placer le gouvernement fédéral devant ses responsabilités." L’appel est lancé.