Charleroi

BSCA accueillera des avions plus grands et pourra conquérir un nouveau marché.


30 millions d’euros. C’est le montant que la Sowaer (Société wallonne des aéroports) met sur la table pour financer l’allongement de la piste du Brussels South Charleroi Airport de Gosselies, et la porter de 2.550 mètres à 3.200.

"Grâce à cet investissement, on peut tabler sur 10 à 11 millions de passagers d’ici 2026. Et ça devrait, d’après nos études, permettre la création de 1.500 emplois directs dans la région, autant hautement qualifiés comme contrôleur aérien et pilote, que moins comme manutentionnaire ou gardien de sécurité", explique-t-on à la Sowaer.

Pourquoi ? Parce que l’allongement de la piste est un argument de poids pour les compagnies : Air Belgium, par exemple, même s’ils avaient l’autorisation de pénétrer l’espace aérien russe pour se rendre en Chine (ce qu’ils espèrent bientôt décrocher, NdlR), ne peut ni remplir ses avions à fond ni faire le plein de fuel. 2,5 km pour décoller, ce n’est pas assez. "Et donc, Charleroi pourra conquérir un marché qui ne lui est pas encore ouvert. On peut tout à fait imaginer des vols vers New York, Toronto ou Hong-Kong une fois la transformation faite."

Jean-Jacques Cloquet abonde. "C’est vraiment une porte ouverte à de nouvelles opportunités. On pourra accueillir de nouveaux types d’aéronefs dont le rayon d’action sera plus large, et donc offrir depuis Charleroi de nouveaux horizons bien plus lointains", détaille l’administrateur délégué de BSCA. "Puisque les avions auront davantage de piste pour décoller, ils pourront être plus chargés, et embarquer du petit cargo : c’est la possibilité pour les compagnies de rentabiliser chaque vol, tout en repositionnant l’aéroport dans son rôle socio-économique pour la région."

Le 9 avril dernier, la demande de permis pour l’allongement a été jugée recevable et complète. L’enquête publique commencera ce 7 mai pour se terminer le 5 juin. Mais le projet existe depuis 1999 - presque vingt ans - et a connu des hauts et des bas : suspendu, puis annulé avant 2000, avant d’être refusé par le Parlement en 2008, et d’être remis sur la table en 2014 par le gouvernement régional… on est déjà quatre ans plus tard.

Le permis devrait être obtenu en septembre, d’après les estimations de la Sowaer, et le chantier en tant que tel, d’une durée de 30 mois, devrait se terminer en 2021, peut-être 2022.

Et le bruit dans tout ça ?

Grâce à une piste plus longue, les avions ont besoin de moins pousser leurs moteurs pour décoller, le bruit sera donc réduit pour près de 4.500 maisons face à l’aéroport. "Par contre, 157 logements seront un peu plus impactés", admet la Sowaer. "Pour eux, nous allons accorder des mesures pour aider les riverains à mieux insonoriser leur maison, notamment via des primes."

À noter que le "scénario catastrophe" prévu au début, la raquette de contournement faisant tourner les avions qui se positionnent sur la piste avec les réacteurs tournés vers Ransart, a été abandonné en concertation avec les habitants.