Charleroi

Jean-Sébastien Van Espen est le potier le plus jeune de Bouffioulx. 


Depuis 2004, il a son propre atelier et propose ses créations aux touristes mais aussi aux musiciens de la capitale, avec une de ses spécialités : l’udu. Cet instrument à percussion est très prisé dans les formations de musique du monde ou encore électro.

Quelle formation avez-vous ?

"J’ai commencé à apprendre la poterie à la poterie Lardinois en 1995. Au lieu d’aller à l’école pendant les grèves, je m’arrêtais chez Lardinois pour découvrir ce qui allait devenir ma passion et mon métier. J’ai également fait les Beaux-Arts de Charleroi et de Châtelet en poterie."

Vous vivez de votre passion ?

"Je ne me vois pas faire autre chose. Je me sens bien dans cet élément. Je suis à la fois seul et entouré d’autres professionnels. J’aime avoir une idée en tête et chercher à la concrétiser sur mon tour."

Pourquoi s’établir à Bouffioulx ?

"C’est ici que tout se passe depuis toujours. Bouffioulx est l’endroit où la tradition perdure malgré tout. C’est également ici que je peux profiter de l’expérience des plus anciens. Chacune des maisons m’apporte énormément. Ici je profite vraiment de la bienveillance des aînés."

Ne pensez-vous pas que la poterie véhicule un côté vieillot ?

"Non, il faut savoir que chacune des pièces a une durée de vie très longue. Les udus allient modernité et tradition. Si cela dure depuis le XIIIe siècle, c’est que nous avons toujours proposé des objets en accord avec notre temps. Je suis toujours de la modernité avec mes créations car elles sont aussi utiles que design. J’aime les échanges que je peux avoir avec les clients. Je suis aussi animateur et je me déplace dans les écoles pour transmettre mon savoir. Dans la région, beaucoup d’enfants ont eu un ancêtre qui a travaillé un jour dans l’industrie potière. Il faut en être fier."