Charleroi

Le parquet a requis une peine sévère contre Geoffrey, qui n’en était pas à son coup d’essai.


Bracelet électronique à la cheville, Geoffrey s’affale à la barre du tribunal correctionnel de Charleroi, comme s’il était au comptoir d’un bistro. Face au juge, il fait preuve d’une nonchalance criante, alors qu’on lui reproche des violences conjugales particulièrement crapuleuses. Deux scènes lui ont valu cette comparution : la première s’est déroulée à Carnières, en 2016. Alors qu’il se trouvait au lit avec Stephy, une jeune fille beaucoup plus jeune que lui et qu’il fréquente depuis qu’elle a 15 ans, Geoffrey est monté dans les tours parce que cette dernière ne pouvait lui offrir de cigarettes. Après l’avoir giflée, il s’est empressé de démolir tout ce qui se trouvait dans la pièce. C’est finalement sa propre mère qui a appelé la police dont l’intervention a fini par ramener le calme.

Admonesté, Geoffrey ne s’est pas pour autant posé des questions sur son comportement. « Il y a depuis le début une chape de plomb sur cette relation », explique Me Ureel, conseil de Stephy. « Il profite de sa jeunesse pour la maintenir sous son emprise et exercer sa domination. Je suis persuadé qu’il y a eu d’autres scènes dont on ne parle pas aujourd’hui. Dans la famille, tout le monde avait remarqué ses hématomes ».

Le 25 décembre 2017, ces violences conjugales ont atteint leur paroxysme. « Elle fêtait Noël dans sa famille et il est arrivé pour récupérer sa chose », enchaîne Me Ureel. « Les deux coups de poing son partis, à gauche, puis à droite. Il lui a fracturé la mâchoire en trois. On a dû l’opérer en urgence pour lui mettre des plaques dans le visage. Chaque hiver, ça la fait souffrir et elle les gardera toute sa vie ».

Au parquet, la substitute Cottin explique que Stephy avait évoqué « une chute dans les escaliers », ce qui n’a pas convaincu les urgentistes qui ont pu lui faire avouer ce qu’elle subissait. « Il a déjà été condamné en 2011 pour des faits similaires. Il n’y a aucune remise en question. Je requiers une peine de prison ferme, entre 2 et 5 ans », a conclu la magistrate.

Me Poisson, conseil de Geoffrey, a quant à lui évoqué les problèmes d’alcool, conjugués à la prise de médicaments, pour expliquer les crises de colère de son client. « Il doit se faire soigner et cela passe par un sursis probatoire », a conclu l’avocat. Jugement le 13 août.