Charleroi

L'homme prodiguait des soins trop particuliers.

Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Charleroi auditionnait Jean-Pierre H., kinésithérapeute de profession. Celui-ci officiait dans son propre cabinet.

A 70 ans, il arrivait doucement à la fin de sa carrière jusqu'au jour où une patiente franchit les portes de son cabinet pour se faire soigner des douleurs aux cervicales mais aussi aux abducteurs. Au départ, les soins se passent normalement, les gestes médicaux sont clairs et portés sur les zones douloureuses.

Ensuite, le kiné se prend l'envie de masser les pectoraux de la victime. Ne sachant pas quoi  faire, celle-ci ne semble pas convaincue du bien fondé de ce soin si particulier mais hésite à le faire remarquer à celui qu'elle pense être un professionnel de la santé.

Au moment de masser les abducteurs, le kiné franchit la limite et pose sa main sur le sexe de sa patiente qui ne peut s'empêcher de le faire remarquer et de placer sa main sur elle pour protéger son intimité. Mais à nouveau il "retente sa chance et se fait à nouveau remettre à sa place, ce geste est d'autant plus déplacé que la dame ne peut lever la tête tant elle souffre au niveau du cou. Il propose à sa patiente une manière quelque peu originale de soigner ses tensions musculaires en lui proposant «un massage du clitoris», ce qu'elle refuse.


"C'était juste une technique drague!"

Devant le juge d'instruction et l'évocation de l'histoire, le kiné est surpris à sourire et sera même questionné sur ce fait. A-t-il saisi toute l'importance de ses actes? L'homme admettra «avoir effleuré 1 seconde» l'intimité de la patiente.

Pour lui, il ne s'agit que d'une «bêtise», un acte à peine remarquable qui peut s'apparenter à une tentative de drague malheureuse. Pour la victime, il n'en n'est pas de même: elle affirme que l'homme a profité de sa position de professionnel et du fait qu'elle soit bloquée en position allongée pour lui masser les seins et la pénétrer avec ses doigts à plusieurs reprises.

Devant le tribunal, le kiné ne semble pas saisir toute la gravité de ses actes et explique au juge Moulart qu'«il s'agit d'une technique de drague et que si ça passe bien, il continue». "On est là très loin de la drague ordinaire ni même lourde" rétorque le juge. Comme défense, le kiné avance également que sa patiente aurait eu un comportement équivoque, lui laissant toute aisance de tenter ce contact intime. La dame s'est plaint par la suite de douleurs dues à la présence de pommade chauffante sur les doigts de l'accusé.

Le kiné ne semble pas saisir toute l'importance de ses actes, et le tribunal reconnaît qu'il a usé de ruse pour parvenir à ses fins. Un expert confirme que l'homme se pose en victime. Le parquet a requis 3 ans d'emprisonnement.