Charleroi 80 % des victimes de l’escroquerie sont âgées de plus de soixante ans.


Depuis l’apparition d’Internet et des nouvelles technologies, les escrocs en tous genres ont déplacé leur terrain de chasse vers le monde virtuel. Leurs proies : des personnes sensibles à qui ils peuvent faire croire qu’elles ont hérité de toute la fortune d’un magnat du pétrole en Syldavie ou qu’elles ont gagné le gros lot d’une loterie sri-lankaise…

Des arnaques bien connues aujourd’hui mais qui continuent à faire des dizaines de victimes chaque année. Et depuis quelques mois, une nouvelle technique a fait son apparition : celle dite du Digipass. En bref, des individus se font passer pour des membres de la Commission européenne, du SPF Finances, de Proximus, d’une banque ou même de Test-Achats. Prétextant un dédommagement financier en faveur de la future victime, ils parviennent, en quelques minutes seulement, à en vider le compte en banque après en avoir reçu les codes Digipass.

L’an dernier, pas moins de 28 plaintes ont ainsi été déposées du côté de Charleroi. "Mais ce chiffre ne tient pas compte des gens n’ayant pas déposé plainte ou de ceux qui ne se sont pas rendu compte qu’ils avaient été arnaqués", précise Muriel Marchand, pour la police fédérale.

Principalement ciblés : les personnes âgées. "En moyenne, plus de 80 % des victimes ont plus de 60 ans, déplore Muriel Marchand. Elles ne prennent souvent pas le temps de la réflexion et agissent dans l’impulsivité après avoir été mises en confiance. Quand elles se rendent compte de l’arnaque, c’est généralement trop tard."

Les seniors seraient d’autant plus à risques que, selon la Computer crime unit, ils sont des cibles particulières. "Les auteurs s’adressent à des agences de marketing pour obtenir des bases de données de personnes âgées, explique le commissaire Bogaert. Ils construisent alors des scénarios très élaborés pour mettre en confiance leurs cibles et récupérer leurs codes."

Et Olivier Bogaert de conclure : "Il faut toujours prendre le temps de la réflexion. Et se poser la question de savoir pourquoi ma banque me demande mes coordonnées bancaires alors qu’elle est censée les connaître. Et jamais on n’a besoin de donner des codes Digipass pour recevoir un remboursement."