Charleroi 37 mois et 5 ans avec arrestation immédiate et 1 million € confisqué pour les gérants de l’agence Model.


Ils ont dépouillé une quarantaine de victimes dont certaines sont aujourd’hui ruinées. Et pendant ce temps-là, ils se versaient des rémunérations plantureuses et menaient un train de vie somptuaire.

Désirée Delval et Guy Moreau étaient les gérants de l’agence immobilière Model de Gosselies, une société aujourd’hui faillie et qu’ils ont utilisée pour escroquer leurs victimes.

Leurs techniques étaient multiples, mais le plus souvent, ils empochaient des acomptes de plusieurs dizaines de milliers d’euros sur des biens immobiliers et ne les comptabilisaient pas dans le prix de la vente.

Le couple d’escrocs faisait alors état d’une erreur administrative et promettait de rembourser au plus vite. Mais jamais les préjudiciés n’ont revu leur argent.

Le procédé a fonctionné entre 2006 et 2013, jusqu’à ce que plusieurs acquéreurs lésés finissent par déposer plainte. Une instruction a été ouverte pour escroqueries, ce qui a mené à un procès devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Entre-temps, le couple a filé dans le Sud de la France pour s’y établir… et commettre de nouvelles infractions. Ils s’amusent en effet à acheter des restaurants qu’ils revendent, exsangues, quelques mois plus tard, en laissant leurs travailleurs impayés.

La justice française a, elle aussi, ouvert des dossiers à l’encontre de Guy Moreau et Désirée Delval.

À Charleroi, le jugement est tombé ce mercredi, en l’absence des principaux intéressés. Le président Schretter a fustigé le comportement méprisant des prévenus qui menaient la belle vie alors qu’ils vampirisaient leurs victimes.

Considérée comme l’instigatrice de cette vaste escroquerie, Désirée Delval écope de 5 ans de prison ferme. Son mari, dont la gestion catastrophique de la société a été relevée, est condamné à 37 mois de prison. Le tribunal a prononcé leur arrestation immédiate et la confiscation d’un million d’euros. Argent qui, s’il était récupéré auprès du couple, servirait à indemniser les victimes. Enfin, le fils des prévenus, qui jouait un rôle d’exécutant, s’en sort avec 12 mois de prison avec sursis.