Charleroi

Même si les moyens s'épuisent, la lutte pour le bien-être se poursuit

Derrière le cimetière de Mont-sur-Marchienne, Claudine s'est improvisée soigneuse: une communauté de chats sauvages a investi le quartier, plusieurs portées de chatons ont été retrouvées dans les abris de jardins ou dépendances de maison, chez elle et des voisins. En deux semaines, il y a eu une dizaine de naissances, raconte cette retraitée qui s'efforce de nourrir et de s'occuper de tout le monde. "Des petits semblent déjà souffrir du choriza. Les mères sont farouches, il est presque impossible de s'en approcher..."

Sous peine de voir la population féline continuer à se reproduire, des stérilisations s'imposent. "Un budget a été réservé pour cela", indique-t-on au cabinet de l'échevin du Bien-Etre animal Cyprien Devilers (MR). En quatre ans, près de mille chats ont été opérés, mâles et femelles. "Nous arrivons au bout de l'enveloppe qui court de juillet à juillet", indique la vétérinaire communale Sandrine Gajewski. "Elle s'élève à 15.000 euros, répartis entre quatre organismes de protection animale agréés: la SPA de Charleroi et Chats sans domicile ont épuisé leurs moyens. Il en reste à la Chaine Bleue Mondiale et aux Amis des Animaux pour clôturer cette campagne", précise-t-elle. Quand la présence de chats errants est signalée, la vétérinaire doit désigner une personne de référence dans le quartier. Celle-ci doit nourrir les animaux après leur opération, car ils sont réintroduits dans leur milieu de vie. cela évite qu'ils ne fassent des dégâts et éventrent les poubelles.

Si certaines associations envoient des bénévoles afin de les capturer, d'autres comme la SPA mettent des cages-trappes à la disposition des riverains qui se portent volontaires. Les captures sont difficiles, les animaux sont extrêmement méfiants, et craintifs. A Mont sur Marchienne, Claudine pourrait être référente: c'est seulement au terme de la signature d'une convention avec la ville que la vétérinaire pourra venir sur place et évaluer la situation. Les frais d'intervention sont entièrement couverts par le budget, poursuit Sandrine Gajewski. La Ville de Charleroi prend également en charge leur puçage, une fiche est établie pour chaque individu.