Charleroi

Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPB, ou GDPR en anglais) entre en vigueur ce vendredi.  


Comme beaucoup d’entreprises et de services publics, la Ville de Charleroi n’est pas tout-à-fait prête. "Certes, les concernés, c’est-à-dire tous ceux qui sont amenés, sur Internet, à traiter des données personnelles, ont eu plus de deux ans pour se mettre en conformité avec le RGPD" , nous expliquait Nathalie Ragheno, premier conseiller juridique à la Fédération des entreprises de Belgique dans la DH de ce jeudi. "A l’heure où je vous parle, un nombre considérable d'entreprises ont toujours du mal à définir ce que le RGPD attend d’elles…"

Et en effet, la réglementation change énormément de choses pour tous ceux qui traitent des données de citoyens européens, que ce soient les villes et communes, des entreprises et même des indépendants ou PME. Sans entrer dans les détails, il s'agit d'unifier la législation sur la protection des données sur toute l'Europe, pour s'assurer que les gens aient bien donné leur accord que leurs données soient utilisées, dans quel cadre elles le seront, ... en plus d'inscrire légalement l'obligation pour les entreprises de signaler d'éventuelles "fuites d'information" suite à une erreur ou une attaque informatique malveillante.

La Ville de Charleroi n’est pas prête... mais elle n’a pas chômé pour autant. “Charleroi, c’est un mammouth qu’il faut faire bouger. On n’est pas 100% prêts pour chaque ligne de ce nouveau texte européen, mais on a bien commencé depuis plusieurs mois” , nous répond-on à la Ville. “Mardi, sera désigné un délégué pour la protection des données, qui sera désormais à temps plein à la Ville. Ca va ensuite se faire au fur et à mesure, ça ne sera pas prêt dans les deux mois, par contre.” 

Avec 4.000 agents et des données de plus de 200.000 citoyens,Charleroi employait déjà depuis des années un délégué à la sécurité des informations pour le service citoyenneté. Il faudra élargir pour rentrer dans les clous du RGPD. “C’est un processus très lourd : par exemple, à chaque fois que quelqu’un viendra faire son permis de conduire, il faudra signer son accord, ou pas, pour que les données puissent être utilisées par d’autres services de la Ville.” 

Ailleurs sur le territoire, les grandes communes sont un peu plus à jour. A Châtelet, on nous assure que "tout est prêt, c'était anticipé depuis plusieurs mois. La majorité de nos documents incluaient déjà un accord écrit ou signé." A Courcelles, nous n'avons pas reçu à cette heure la confirmation officielle, mais il semblerait que l'administration soit prête des premiers retours qui nous ont été faits.