Charleroi Façozinc, une PME carolo, fête ses 30 ans et son 13e site d’exploitation.


Il y a des histoires, comme celle-ci, qui donnent envie de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

1988, Carmine Lauriente est plombier-zingueur à Gilly. À chaque fois qu’il descend de son échelle, il râle de ne pas avoir sous la main les pièces dont il avait besoin. Il s’est dit que c’était probablement la même chose pour les autres professionnels de son milieu, et il a décidé de changer les choses.

Avec un prêt de 4 millions de francs belges (100.000 euros), il loue un petit atelier à Gilly, il achète une table de travail et un dérouleur à main pour fabriquer des pièces de gouttières. Très vite, il doit engager un ouvrier supplémentaire et passer sept jours par semaine dans sa minuscule entreprise, qu’il a nommée Façozinc : les commandes pleuvent. "C’est facile : on répond par l’affirmative et on se débrouille pour satisfaire le client."

© van Kasteel

Aujourd’hui , Façozinc, c’est 53 millions d’euros de chiffre d’affaires, 5.500 m2 de siège social et usine à Gilly (site qui devient d’ailleurs trop petit), 11 points de vente en Wallonie, deux en France, pas loin de 100.000 références, 6.000 clients et près de 200 employés.

Le frère de Carmine, Vittorio, et sa nièce Cléonice sont d’ailleurs venus prêter main-forte à l’entrepreneur, "qui préfère, en plombier-zingueur dans l’âme, passer ses journées à gérer les ateliers et les entrepôts avec les ouvriers que de négocier des contrats ou gérer l’extension de l’entreprise", chuchote la nièce.

Un quatrième directeur, Michel Deneve, expert en zinc, est venu grossir l’équipe de dirigeants. "Et l’entreprise reste à 100 % familiale, on n’a d’ailleurs aucune intention d’aller en bourse."

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Le concept n’est pourtant pas neuf

Le concept imaginé par Carmine Lauriente est le suivant : du petit indépendant à la grande entreprise en toiture, tout le monde doit pouvoir trouver près de chez lui des gouttières, des pièces de raccordement, des outils, des isolants et des conseils avisés.

Mais malgré le succès évident, ce concept n’était pourtant pas neuf.

Sauf que dans un monde de zinc gouverné par les entreprises flamandes, le petit Gillicien a réussi à marquer son territoire. Il lorgne d’ailleurs sur le marché du plat pays depuis l’été 2017, et compte continuer à s’étendre, notamment via un partenariat en R&D entre ses ingénieurs, la faculté d’urbanisme de Mons, et Polytech.

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