Charleroi Il plaide pour une politique plus inclusive.


Le 3 décembre prochain, les nouveaux élus seront officiellement installés au sein des conseils communaux. Les échevins, nouveaux ou non, prendront leurs nouvelles compétences et les pactes de majorité arrêteront la politique qui sera suivie pour les six années de la mandature à venir. Mais le 3 décembre, c’est aussi la journée européenne de la personne handicapée.

Serge Van Brakel, comédien, président d’Horizon 2000 et candidat PS (non élu), s’occupe des questions de l’inclusion de la personne handicapée dans la société carolo depuis des années. Il est lui-même atteint d’IMC (infirmité motrice cérébrale, causant une difficulté à l’élocution et à la coordination des mouvements). Il profite de ce hasard de calendrier pour tendre la main aux futurs mandataires, afin de rendre Charleroi, mais aussi toute notre société, plus inclusive.

"L’échevinat de la personne handicapée, c’était bien : dans les années 92, on a été les premiers à Charleroi à l’avoir créé. À l’époque, on a applaudi des deux mains. Mais en 2018 ça ne suffit plus, il ne faut plus se contenter d’un échevinat, mais faire de l’inclusion des personnes handicapées une politique transversale", explique-t-il à La DH. "Le handicap ne doit pas être un frein, tout le monde doit avoir le droit et la possibilité d’être un citoyen à part entière. Attention, je ne dis pas qu’il faut supprimer l’échevinat, je dis que la question doit dépendre de l’ensemble des hommes et femmes qui nous dirigent, et pas juste d’une personne."

Il existe, pourtant , à Charleroi un conseil consultatif qui se dédie à ces questions d’inclusion. Il est notamment convié pour les rénovations de bâtiments. "Je vais être franc", répond Serge. "On le fait… mais peut-être pas assez ! Il faut penser plus en amont. Pour tous les projets, tous les événements, tous les travaux de construction, rénovation, remise à niveau, adaptation, et autres." Rampes pour chaises roulantes et personnes à mobilité réduite, repères pour non-voyants (il existe des tapis podotactiles à déplacer pour des fêtes, par exemple), etc. "Et il ne faut bien sûr pas oublier aussi d’avoir des informations simplifiées, pour le handicap mental. Je l’ai vu à l’étranger, à Madrid notamment : proposer des informations simplifiées aide bien sûr les personnes avec un handicap mental, mais aussi les étrangers, les vieilles personnes, les analphabètes, etc. Les Espagnols ont prouvé qu’en mettant en place une politique en faveur du handicap, on aide approximativement 15 % de la population. Et indirectement, près d’un tiers des gens. L’effort paye !"

Mais, il l’affirme, on ne peut pas tout critiquer non plus. Grâce à Carmela Morici de l’Eden, il y a une classe inclusive à Mont-sur-Marchienne, "on peut adapter ça partout dans le communal", suggère-t-il. La nouvelle auberge de jeunesse, sur les quais, est entièrement adaptée, "mais la rampe d’accès à la passerelle en face nécessite toujours d’aller demander la clé pour pouvoir l’utiliser." Le Quai 10, et ses escaliers, a quelques problèmes d’accessibilité, "mais l’équipe a la volonté de mettre en place des solutions".

Et les politiques, ils ont cette volonté aussi ? "Dans aucun débat on n’a évoqué la politique du handicap, c’est malheureux", répond-il sans trop se mouiller. "Alors que c’est un enjeu important, qui concerne comme je le disais quasi un tiers de la population. Il y a des voix à aller chercher. Yves Lardinois, à la province, en avait fait une priorité, et ça a toujours cartonné : maintenant qu’il n’est plus là, qui portera sa politique d’inclusion ? Bref, le sujet doit absolument revenir sur la table. J’en appelle à nos nouveaux élus."

Pour information, nous avons tenté, hier, de contacter l’échevin sortant ainsi que la nouvelle échevine en charge de la Personne handicapée à Charleroi pour obtenir une réaction. À l’heure d’écrire ces lignes, nous n’avons pas obtenu de réponse.