Charleroi

Pour lui, ils coûtent trop cher et leur gestion sort des missions de base de l'institution

Tête de liste MR à la Province dans le canton de Charleroi, Philippe Sonnet aborde sans tabou les enjeux de la prochaine mandature.

-Philippe Sonnet, vous allez vous battre pour sauvegarder l'institution provinciale?

-"Je vais plutôt me battre pour la faire fonctionner de manière efficace et correcte, la mettre davantage au service du développement local. J'estime qu'il y a encore trop de centralisation à Mons, j'ai pu le mesurer au cours de mes trois précédents mandats. Je veux contribuer à ce que l'offre colle partout mieux aux besoins, et en particulier à nos réalités ici à Charleroi. Sans cette adaptation, la province de Hainaut me semble clairement menacée."

-Selon vous, qu'est-ce qui plombe son fonctionnement?

-"D'abord, nous avons trop d'institutions publiques en Wallonie. Nous ne pourrons pas créer de l'emploi et de la croissance en continuant à consacrer autant d'argent au financement de ce secteur. Cela impose de supprimer des doublons. Nous avons la chance d'avoir à la Province des fonctionnaires d'élite et des projets exemplaires, comme la cité des Métiers. Mais d'indispensables rationalisations s'imposent, c'est pour cela que nous devons absolument renforcer notre cohérence avec le développement local. Un débat politique crucial s'annonce à ce sujet en 2019 au parlement wallon, nous n'y échapperons pas".

-Il faut aussi réduire les dépenses?

-"Nous allons devoir les analyser ligne par ligne. Le problème n'est pas que le Hainaut dépense trop, c'est qu'il dépense mal. Notre institution doit se mettre en capacité de mieux utiliser l'argent de la collectivité! Sous les deux précédentes mandatures, le MR a effectué un suivi budgétaire approfondi. Toutefois, des mesures ont été très linéaires: ne pas remplacer deux agents en partance sur trois, c'est bien; mais ça tourne à la catastrophe opérationnelle si l'on ne repense pas le fonctionnement dans un organigramme."

-Toutes les dépenses sont justifiées?

-"Ma réponse est non. Le monde change. En 2018, nos centres de vacances à l'étranger dans le sud de la France n'ont plus de raison d'être: ils coûtent cher et les gérer n'est pas notre métier. Nous devons nous concentrer sur nos missions de base comme l'enseignement. Ces centres de vacances doivent être vendus comme certains de nos bâtiments..."


La liste à neuf

Dans le canton de Charleroi, les neuf candidats de la liste provinciale du MR se sont mis au défi de faire de la politique autrement. Et de réinventer la province. La liste sera conduite par l'ancien échevin carolo Philippe Sonnet, conseiller politique au parti, et qui a fait le choix de ne plus se présenter à la ville. Comme en 2012 où il avait obtenu 2581 voix de préférence, il sera suivi par Fabienne Devilers, élue sortante. La liste MR associe l'expérience à la jeunesse. 

Si trois autres candidats ont déjà siégé à la province (Jacqueline Mouvet, Daniel Falise, Danielle Piccot), quatre nouveaux venus apportent leur énergie et leur fraîcheur à un projet d'équipe, selon Sonnet. Olivier Collignon, Francis Preyat, Jean-Pascal Herr et Frédérique Lachapelle.

On le sait peu: un quart des 10.000 emplois de l'administration provinciale sont concentrés sur Charleroi.