Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi rendra son jugement le 19 décembre dans le dossier de trafic de stupéfiants impliquant 25 prévenus, dont certains avaient fait appel à des mineurs d'âge pour écouler la drogue dans la région, et particulièrement à Marchienne-au-Pont.


Ce dossier venait en conclusion de deux vagues d'interpellations, en février et en mai derniers, après des observations, des écoutes et des perquisitions menées par la section stups de la police locale. 

Dans son réquisitoire, la substitute Julie Coduys avait, à l'audience de lundi, détaillé les rôles tenus par chacun des prévenus dans ce qu'elle qualifiait de vaste association de malfaiteurs. Pour le parquet, la tête pensante en était Radia L., une mère de famille poursuivie pour avoir dirigé cette entreprise, et y avoir fait notamment travailler son fils, ainsi que des enfants, qui vendaient de la drogue en rue. Les différents prévenus y tenaient, selon le parquet, leur rôle, comme vendeurs, comme chauffeurs, ou comme logeurs, le temps d'héberger d'autres dealers. 

Pour le parquet, le premier lieutenant de la dirigeante était son fils, qui a mis dans le circuit des jeunes, dont certains avaient entre 12 et 16 ans, en se disant qu'une fois arrêtés, ils courraient moins de risques sur le plan pénal. Pour Mme Coduys, cette utilisation de mineurs, considérés comme des personnes vulnérables autant que les toxicomanes employés comme main-d'œuvre, constituait une circonstance aggravante. 

Cela d'autant que, selon elle, les responsables du trafic n'hésitaient pas à menacer, voire à frapper à coups de batte de base-ball, ceux qui refusaient d'entrer dans le trafic. 

Le parquet avait requis, pour les deux principaux prévenus, une peine de 10 ans de prison, et des peines de 12 mois à six ans pour les autres prévenus, outre la confiscation de plusieurs centaines de milliers d'euros, et des véhicules utilisés pour ce trafic. 

La défense de Radia L. a plaidé l'acquittement, estimant que, mises à part les écoutes téléphoniques de conversations entre la mère et son fils, on ne disposait d'aucun autre élément concret. Les défenseurs des autres prévenus ont minimisé le rôle de leurs clients. S'ils vendaient, a-t-on plaidé, c'était pour avoir de quoi consommer, sans plus, et sans appât du gain. Quant à ceux qui tenaient le rôle de chauffeur ou de logeur, ils n'étaient pas supposés connaître les activités des autres prévenus, ce qui limitait d'autant leur rôle dans ce réseau. 

Le tribunal a mis le dossier en délibéré. Le jugement sera rendu le 19 décembre.