Charleroi

7 ans de prison requis contre Mohamed pour cette scène de ménage effroyable.

Lorsque Houda appelle la police, le 11 mars 2018, elle est en pleurs, le visage et le corps tuméfiés. Elle peine à raconter ce qui lui est arrivé. La jeune femme accuse Mohamed, le père de sa fille, de l’avoir séquestrée, battue et violée. Immédiatement, les forces de l’ordre bouclent ce quartier de Marchienne-au-Pont et déboulent en force chez l’intéressé qui est ramené au poste.

Houda explique que, la veille, elle s’est rendue chez Mohamed, avec qui elle avait rompu, pour régler un problème de pension alimentaire. "Ils ont bu un verre et il a trouvé sa tenue provocante avant de solliciter une relation sexuelle", précise le parquet à l’audience du tribunal correctionnel de Charleroi devant lequel Mohamed comparaît sous bracelet électronique. "Il l’a jetée au sol et l’a rouée de coups avant de lui arracher ses vêtements et de la violer. Après cela, il l’a encore frappée et l’a empêchée de sortir de l’appartement en plaçant un matelas devant la porte. Ce n’est que le lendemain matin, quand son père est arrivé, qu’il a laissé la victime repartir."

Les enquêteurs, qui débarquent chez Mohamed, découvrent un string déchiré dans la poubelle. Houda, elle, a la tête au carré et le corps couvert d’ecchymoses. "Ca ne correspond pas aux cinq gifles que vous reconnaissez", lui fait remarquer le juge Gerlache. Mais le prévenu avance sa propre version. "Nous n’étions pas du tout séparés. Ce soir-là, on a fait l’amour "nickel". Puis, elle s’est énervée parce que je ne voulais pas aller lui chercher de la drogue. Elle est devenue hystérique alors je l’ai giflée. Elle a arraché ses vêtements et m’a poursuivie. J’avais peur qu’elle casse tout. C’est pour ça que je l’ai enfermée dans le grenier".

Une vidéo filmée par Mohamed a également été versée au dossier. On y voit Houda se traînant au sol, sans culotte et avec le soutien-gorge déchiré. "J’ai voulu garder des preuves de ce qu’elle faisait", raconte le prévenu. Son avocat, Me Puccini, souligne d’ailleurs que c’est son client qui a révélé l’existence de ce film aux policiers…juste au moment où ceux-ci ont saisi son GSM. Pour le parquet, en revanche, il s’agit tout simplement d’une humiliation supplémentaire.

Selon la magistrate, Mohamed banalise des faits horribles et ne se remet aucunement en question. C’est donc une peine de 7 ans de prison ferme qui a été requise. Me Puccini, lui, estime qu’un doute subsiste quant au viol. "La téléphonie démontre qu’ils étaient toujours ensemble. Ce jour-là, elle le relance et l’insulte par SMS. Le légiste ne trouve pas non plus de traces de violences sexuelles", précise l’avocat qui sollicite l’acquittement pour l’agression sexuelle et demande une peine de travail pour les coups et la détention arbitraire.

"J’ai été battue et violée. On n’est pas à Bagdad, ici. On est en Europe dans un pays de droit. Il m’a traitée comme un animal", a sangloté Houda à l’adresse du tribunal qui rendra sa décision le 5 septembre.